Le président de la République a insisté sur la souveraineté nationale. Une accentuation qui n’est pas fortuite vue la conjoncture.

 Souveraineté. Le mot a été scandé par Hery Rajaonarimampianina, président de la République, hier, dans son discours d’inauguration de la réhabilitation de l’Ecole publique privée (EPP), d’Andrefan’Ambohijanahary.

 « Le président de la République se dresse et se dressera toujours pour défendre la souveraineté nationale, pour l’intérêt de la nation », a lancé le locataire d’Iavoloha vers la fin de son allocution. Dans ce contexte éducatif, le chef de l’État a soutenu que l’éducation sert, aussi, « à inculquer les valeurs malgaches ». À lui d’appeler, ainsi, les écoliers, mais également, les personnalités politiques présentes en nombre durant la cérémonie d’hier, à « défendre les valeurs malgaches, la souveraineté du pays ».

 Veiller à la sauvegarde de la souveraineté du pays est un rôle constitutionnel dévolu au président de la République. Le fait qu’il l’ait rappelé, hier, pourrait avoir été motivé par la prise de position de quelques membres de la communauté internationale sur le dossier Claudine Razaimamonjy. Une réaction internationale que certains tenants du pouvoir digèrent difficilement.

 Développement

 « Ne laissez pas les autres vous dicter votre conduite. Nous malgaches avons des valeurs largement meilleures que ceux des autres (…) nous avons besoin de la mondialisation certes, mais ne perdons pas nos valeurs », a déclaré Hery Rajaonarimampianina. Le dossier Razaimamonjy a, sensiblement, ébranlé la présidence de la République. Le scénario d’hier semble avoir été mis en place pour montrer que les hauts responsables étatiques font corps derrière le couple présidentiel, assis en première ligne et au centre de l’estrade officielle, entouré des membres du gouvernement, d’élus et de conseillers.

 Depuis le début de cette affaire de corruption, pourtant, le locataire d’Iavoloha n’a pipé mot sur le sujet. Questionné par les journalistes, hier, il s’en est, encore, tenu à l’écart. En réponse à la presse, le président de la République a simplement répliqué : « Moi et mon épouse nous nous posons comme des « Raiamandreny » [ndlr : que l’on pourrait traduire librement en Parents sages] et nous sommes là pour mener le pays vers le développement et sommes contre toute forme de conflit. Les efforts doivent être concentré sur le développement ».

 Afin, probablement, d’écarter toute amalgame dans le sens de ses propos, le président Rajaonarimampianina a ajouté dans ses dires que « les vindictes populaires, par exemple, ne font pas partie des valeurs malgaches ». À lui d’ajouter que les valeurs et la souveraineté nationale doivent être des leviers pour amener un élan national dans le développement du pays. « Des citoyens volontaires, qui osent relever les défis du pays dans le respect de nos valeurs, c’est ce dont-on a besoin pour reconstruire la nation et lutter contre toutes les forces de déstabilisation. (…) J’appelle ainsi, à une solidarité vers le développement », a scandé le président de la République.

Patriotisme économique

 « Patriotisme économique ». C’est ainsi que le chef de l’État qualifie la rénovation de l’EPP d’Andrefan’Ambohijanahary. Une réalisation pris en charge par la société Filatex. « C’est un exemple du partenariat entre l’État et le secteur privé mais, aussi, de ce que j’appelle le patriotisme économique. J’appelle tout le secteur privé à travailler pour le pays », a déclaré le président Rajaonarimampianina. Ce nouvel œuvre social de Filatex lui a valu « un certificat de reconnaissance » de ses engagements de la part du locataire d’Iavoloha.

Garry Fabrice Ranaivoson