Un terrain domanial, ayant appartenu à un colon français, fait l’objet d’un litige entre la commune d’Antsirabe et ses occupants. Leurs intérêts sont contradictoires.

La commune urbaine d’Antsirabe et la population occupant une grande partie du terrain de 56 ha, sis à Ambohimanarivo, campent sur leurs positions respectives. Cette dernière affirme avoir pratiqué des aménagements depuis des dizaines d’années en y cultivant la terre et en y construisant des habitations. Pour sa part, la commune envisage de bâtir des infrastructures, dont un hôpital mère-enfant et un centre de formation, sur ce terrain situé au bord de la RN 7.
Les deux protagonistes ont déjà déposé des demandes d’acquisition auprès du service des Domaines. Toutefois, les occupants actuels invoquent la primauté d’occupation et de dépôt de la demande, tandis que la commune urbaine d’Antsirabe met en avant l’intérêt général pour les infrastructures à construire. En tout cas, la population ne veut rien entendre de son expulsion. En particulier, elle n’a pas l’intention d’arrêter les travaux qu’elle a entamés sur une parcelle de 6 ha, pour laquelle la commune a envoyé, la semaine dernière, des techniciens pour initier des études en vue de la construction des infrastructures planifiées.

Suspicions
D’un autre côté, certains responsables et personnalités locaux ne sont pas tellement enthousiastes quant à la réalisation de ce projet de la commune urbaine d’Antsi­rabe à Ambohimanarivo. Ils allèguent le fait que la contrepartie que vont solliciter
les bailleurs de fonds du projet, n’est pas connue, sinon pas claire.
Le député élu dans la circonscription d’Antsirabe I, Jean François Michel, dont le nom est cité à travers ce litige entre la popula­tion d’Ambohimanarivo et les responsables de la
commune d’Antsirabe, a un avis plus nuancé au sujet du projet.
« Je ne m’oppose pas à un projet pour le développement et l’intérêt de la population. Toutefois, j’estime qu’il faut prendre en compte l’opposition des gens qui ont aménagé le terrain depuis des années. Il faudrait poursuivre les discussions entre les parties », souligne-t-il.
Le député précise qu’il n’est pas au courant des détails de ce projet de construction d’hôpital mère-enfant et de centre de formation.

Angola Ny Avo