Des dossiers concernant les événements de 2009 sont signalés disparus. Un avocat et un fils de politicien sont placés en garde-à-vue. 

L’affaire 2009 remise sur le tapis. Les faits parlent en tout cas d’eux-mêmes. «Deux personnes, dont un avocat et un fils de politicien, sont placés en garde-à-vue à la brigade criminelle pour disparition de dossiers concernant des événements survenus en 2009», lance une source auprès du ministère de la Sécurité Publique. Les dossiers brûlants en question auraient été subtilisés au palais du tribunal à Anosy. L’avocat mouillé dans cette affaire est soupçonné d’avoir approché des personnes susceptibles d’y avoir accès, de quoi s’attirer la
foudre des poursuites.
Des informations filtrées au compte-gouttes révèlent que les deux suspects sont, depuis vendredi, soumis au feu roulant des questions des enquêteurs de la police criminelle.
Plusieurs dossiers du registre sont manquants, selon la police. Prudente face à cette affaire épineuse, elle n’en révèle, pour autant, ni la nature, ni le contenu des documents en question. Plus perçant sur le sujet, un journal en ligne pro-régime, a pour sa part, donné le la en crevant l’abcès par une publication sur sa page facebook, selon laquelle les dossiers dérobés incrimineraient
l’ancien président Marc Ravalomanana.

Mystère
Avec les subterfuges préélectoraux qui s’opèrent en coulisses dans les rangs des candidats potentiels aux présidentielles de 2018, cette histoire, qui fait le buzz depuis hier soir dans les média sociaux, titille l’opinion publique. Elle n’est pas, de ce fait, exempte d’interprétations frisant des dénonciations de manipulation.
En déplacement en Allemagne dans le cadre de la conférence des nations unies pour les changements climatiques (COP 23), l’ancien président, cloué au pilori, reste pour sa part, injoignable. Au téléphone, hier soir, ses proches collaborateurs étaient eux aussi inaccessibles.
Pour ce qui est des affaires dont il a fait l’objet de poursuite, le Président évincé a été, entre  autres, condamné sous la Transition pour détournement de deniers publics concernant le terrain à Andohatapenaka.
La police ne révèle ni la date précise de l’infraction, ni le mode opératoire des éventuels auteurs. D’autres sources confirment à demi-mot que l’ouverture de l’enquête par la brigade criminelle ne serait pas fortuite.

Seth Andriamarohasina