Après l’Assemblée nationale, c’est le Sénat qui a adopté la loi de finances 2018, hier. Les premiers grands oraux de la ministre devant les Chambres parlementaires ont été aisés.

Facile. La loi de finances 2018, a passé aisément l’épreuve des débats et votes parlementaires. Après l’Assemblée nationale, le 15 novembre, c’est le Sénat qui a avalisé le projet de loi budgétaire, hier. Avant sa promulgation par le Président de la République, il faudra que la loi nouvellement adoptée soit déclarée conforme à la Constitution par la Haute cour constitutionnelle (HCC).
De prime abord, Vonin­tsalama Andriambololona, ministre des Finances et du budget, a passé avec brio ses premiers grands oraux devant les deux Chambres parlementaires. Elle n’a justement, pas boudé la satisfaction du travail accompli, à l’issue de la séance d’hier, au palais d’Anosy. La première femme grand argentier a, visiblement, réussi à contenir la hargne des parlementaires.
Contrairement à ses prédécesseurs, les députés ne se sont, par exemple, pas acharnés sur la question de l’achat des 4×4, absente des prévisions budgétaires étatiques pour 2018. Pareil­lement, concernant l’aug­men­tation du budget à allouer au Comité local de développement (CLD). Les sénateurs, hier, ont juste demandé à ce que l’amélioration du taux de croissance se répercute au niveau local, par une meilleure répartition des richesses au niveau des collectivités.
L’aisance avec laquelle s’est déroulée la première conquête parlementaire de la ministre Andriambololona, pourrait toutefois être viciée. « La manière dont s’est déroulée l’adoption de cette loi de finances indique que la majorité des députés n’a pas maîtrisé ni son contenu, ni sa portée. L’on constate juste que le budget de tous les ministères et institutions sont en hausse. Nous attendons de voir ce que cela impliquera concrètement », a déclaré le député Jean Brunel Razafintsiandraofa sur une station privée de la capitale, hier.

Rempart
L’Assemblée nationale n’a mis qu’une heure trente minutes pour adopter à l’unani­mité et sans amendement le projet de loi de finances. Ceci après des travaux de commission expéditifs de quelques heures, selon un élu, membre de la commission juridique de l’institution de Tsimbazaza. Le grand argentier de l’État a été ménagée durant la séance d’hier. Malgré quelques remarques, le Sénat n’a fait aucune retouche au texte.
Après trois heures et demie d’échange, la loi a été adoubée à l’unanimité. Les budgets de toutes les institutions et ministères ont été revus à la hausse. Avec 6% des prévisions de dépenses étatiques, l’enveloppe destinée à la lutte contre l’insécurité est celle ayant connu la plus grande augmentation. Tablant sur un taux, de croissance de 5,1%, l’État compte cependant, engager 48% des dépenses dans les investissements en 2018. Un système de régulation des dépenses accompagnerait, toutefois, la mise en œuvre de la loi de finances pour éviter les gaspillages.
Si elle a passé facilement son premier test devant des élus relativement apathiques et complaisants pour la plupart, la rigueur avec laquelle la ministre des Finances suivra l’application de la loi de finances sera, néanmoins, suivie de près par l’opinion publique et les gendarmes financiers internationaux. L’ouverture des vannes internationales déclenchée par la Facilité élargie de crédit (FEC), donne visiblement, de l’air à l’État qui affiche un certain optimisme et ambition dans la loi de finances.
L’année électorale qui se profile pourrait aussi, y être également, pour quelque chose. Le mot d’ordre serait d’intensifier la présence et les réalisations étatiques. La ministre Andriambololona a remplacé une personnalité fortement critiquée par une frange des tenants du pouvoir pour sa rigueur et son intransigeance quant au respect de l’orthodoxie financière.
Dans un contexte où les effervescences électorales risquent d’imposer une confusion de fait entre les dépenses publiques et partisanes, le Grand argentier de l’État devra être le rempart aux tentations d’excès et abus. Ayant joué avec une certaine finesse devant les parlementaires, la ministre Andriam­bololona pourrait, à un moment donné, être amenée à hausser le ton pour s’imposer.

Garry Fabrice Ranaivoson