Sans concession. Reporters sans frontières (RSF) s’insurge contre ce que l’organisation qualifie de
« censure arbitraire », perpétrée par les autorités municipales d’Andohan’Ilakaka, à l’encontre de la radio Jupiter. RSF « condamne cette action qui est un pur acte de censure envers une radio dont le ton est jugé trop indépendant des pouvoirs économiques et politiques en place », déclare Cléa Kahn-Sriber, du bureau Afrique de l’entité internationale, selon un communiqué publié hier. La missive qui ajoute que c’est l’« unique média de la région qui fournit une information alternative à celle des canaux officiels ».
La semaine dernière, Fernand Cello, journaliste de cette station radiophonique privée, sise dans cette commune réputée pour ses carrières de pierres précieuses, a alerté ses confrères de la capitale de la décision de la société privée fournisseur d’électricité locale de couper l’alimentation de la radio Jupiter. Une mesure qui selon ses dires « a été prise en représailles d’un mécontentement du déroulement d’une émission de débat sur la gestion des ordures par la commune, où ont pris part le maire [Ratsimanoitry Razafiarison] et son directeur de cabinet [Benjamin Ravelonirina]». Ce dernier qui n’est autre que le propriétaire de l’entreprise énergétique locale.
Forceps
Les réprimandes des auditeurs qui, dans leur intervention téléphonique durant le débat, et une question du journaliste Cello concernant « une taxe communale de 3%, prélevée par l’entreprise énergétique sur les factures des consommateurs, mais qui ne se retrouve pas dans les comptes de la commune », auraient fini par énerver le maire Razafiarison, surtout, et l’a conduit à quitter brusquement le studio et les locaux de la station Jupiter. L’émission s’étant déroulé le 28 juillet, les techniciens de l’entreprise
énergétique sont venus quelques jours plus tard pour couper l’alimentation de la radio privée.
En réponse à la décision des autorités communales, la radio Jupiter a décidé de porter plainte. RSF n’omet pas de souligner que ces faits interviennent dans une période où le code de communication médiatisée est imposé au
forceps, et affirme « la volonté des autorités de renforcer leur mainmise sur la presse».
Garry Fabrice Ranaivoson