Behoririka
Émeutes à la galerie commerciale Venic
Une immense foule a envahi les rues avoisinantes de la galerie Venic, à Behoririka (Photo Hery Rakotondrazaka)
Deux commerçants chinois ont évité le pire à Behoririka, hier. Une foule en furie a voulu les lyncher pour brutalité à l'endroit de leurs employés.
Circulation bloquée, magasins fermés à double-tour, présence massive d'éléments des forces de l'ordre, foule disloquée en état d'énervement en train de camper en pleine route… des scènes d'émeutes ont secoué la galerie commerciale Venic, à Behoririka, hier après-midi. Criant vengeance, des individus en furie venus en masse sur les lieux voulaient faire subir une vindicte populaire à deux commerçants chinois qui ont levé la main sur deux de leurs employés.
Falsification
La tension s'intensifiait au fur et à mesure que des badauds gonflaient les rangs de la foule. Les éléments de l'État major mixte opérationnel régional (Emmo/reg), très vite arrivés sur les lieux, ont dû disperser l'attroupement à coups de grenades lacrymogènes. Ils ont aussi tiré en l'air lorsque des jeunes gens ont mis le feu aux poudres. Venu sur place, le général Richard Ravalomanana, commandant de la circonscription inter-régionale de la gendarmerie nationale à Antananarivo, a dû dégainer son pistolet automatique pour faire trois tirs de sommation. Des tirs sporadiques s'en étaient suivis.
Un Chinois et un Européen qui n'ont rien à voir avec les maltraitances dont étaient victimes les deux employés de la galerie commerciale, Venic ont été agressés. Violenté par des jeunes gens, le premier a été secouru in extremis par les forces de l'ordre.
Les échauffourées ont commencé vers midi, après que les deux Chinois ont mis la main sur un bon de livraison falsifié. « L'un des employés a livré à un client sept paires de sandales (...) pour ensuite chercher 19 autres (...). Un nom qui figurait sur le bon a été remplacé. Après avoir relevé une rature, le patron a exigé que la marchandise soit rapportée », relate un caissier de la galerie commerciale Venic. Soupçonné d'avoir tenté de voler les sandales, l'employé qui les a livrées a été convoqué avec l'un de ses collègues, accusé d'être de mèche avec lui. « Le propriétaire les a giflés. C'est alors qu'un autre Chinois s'est déchaîné sur l'un d’eux. Ce dernier était tombé à terre après avoir encaissé des coups dans les côtes. Son agresseur l'a écrasé sous ses pieds », continue le témoin oculaire.
L'employé était très mal en point lorsqu'il a été évacué à l'hôpital en taxi. Ce qui a rendu furieux les individus dans les environs.
L'ambassade à la rescousse
Dans un communiqué, l'ambassade de Chine à Madagascar met en avant qu'elle accorde une très grande attention à l'incident survenu à Behoririka, hier. Ayant appris la nouvelle, elle a fait appel à la partie concernée de coopérer avec la police et de lui transférer l'auteur de l'indicent. De surcroît, l'ambassade indique qu'elle suit de très près la situation du blessé. Dans la foulée, elle exhorte les Chinois résidant à Madagascar de respecter la loi en vigueur et de cohabiter harmonieusement avec le peuple malgache.
Seth Andriamarohasina
Mercredi 23 novembre 2011