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Actualité Madagascar » Economie » Banque mondiale
Banque mondiale
Reprise totale des financements
Adolfo Brizzi, visiblement réservé quant à l’avènement de nouveaux projets (Photo Hery Rakotondrazaka)
Constatant les impacts de la suspension des aides dans différents secteurs depuis la crise, la Banque mondiale annonce la reprise de financement pour tous ses projets.
C'est officiel. Le financement de tous les projets en cours de la Banque mondiale re­prend. Telle a été la déclaration d'Adolfo Brizzi, représentant résident de la Banque mondiale, hier, au cours d'un petit déjeuner de presse qui s'est tenu à Anosy. Selon ses propos, la dernière reprise date de l'année dernière.
Le portefeuille actuel de la Banque mondiale est composé de 14 projets d'un montant global avoisinant les 900 millions de dollars. Le solde non décaissé, à la disposition, s'élève à 220 millions de dollars. Une restructuration du portefeuille sera réalisée. Des fonds de certains projets seront alloués à des secteurs prioritaires comme la gouvernance, la réduction de la pauvreté et l'emploi. Ce dernier englobe la compétitivité, les PME et les pôles de croissance.
Cette reprise de décaissement entre dans le cadre du programme intérimaire de la Banque mondiale qui s'étale sur une période d’une année et demie, du début 2012 à juin 2013. Elle fait suite à un constat de dégradation dans divers secteurs. « Depuis les trois années de crise marquées par la suspension des aides internationales, il a été constaté que la pau­vreté s'est intensifiée. Nous faisons face à une détérioration de la gouvernance. Les analyses de la Banque mondiale montrent que Madagascar a perdu des points à ce niveau. L'accès aux services publics dans les secteurs santé et éducation s'éloigne des Objectifs du Millénaire. Si nous ne faisons rien, le coût de l'inaction sera important », a déclaré ce responsable.
Pas de nouveaux projets
Parmi les 14 projets en cours figurent le développement rural, les infrastructures dans le domaine du transport, la gouvernance des ressources minérales, les pôles intégrés de croissance, la gouvernance institutionnelle et l'environ­­- nement. En ce qui concerne le financement de nouveaux projets, il reste suspendu. La non reconnaissance du gouvernement par la majorité des pays membres en est la principale cause. Une évaluation de la situation politique à Madagascar sera effectuée après juin 2013. Elle déterminera si un autre programme intérimaire devra être mis en place ou si une nouvelle stratégie d'assistance pays sera établie. Si aucune évolution positive n'est constatée, les nouveaux projets pourront être réduits à néant. « Nous ne pouvons pas rester immobile, mais nous ne pouvons pas agir comme d'habitude étant donné que le gouvernement est encore illégitime, non reconnu par la plupart des pays. Dans ce cas, les financements pour les nouveaux projets restent suspendus », avance Adolfo Brizzi.
Néanmoins, une exception pour trois différents domaines pourra être lancée, comme ce fut le cas pour le programme environnemental 3. Il s'agit de la gestion des chocs climatiques, la santé et nutrition ainsi que l'éducation dont le financement sera expiré dans quelques mois. Il s'agit de soutenir l'année scolaire 2012-2013 dans l'éducation primaire et éviter que la déscolarisation ne gagne de l'ampleur.
Le contrôle des fonds se fera à travers le Projet implementation unit, ou point focal, des structures semi autonomes qui ont été formées et compétentes en matière d'audit et de passation de marchés publics. Ils travaillent avec l'administration mais possèdent une certaine autonomie et indépendance de contrôle et de supervision.

Renforcement de partenariat

Durant les trois années de crise, les partenaires techniques et financiers ont plutôt soutenu le pays par des aides plus ou moins fragmentées et isolées. Dans le cadre de ce programme intérimaire, la Banque mondiale entend renforcer son partenariat avec les autres agences de développement, la Société civile et le secteur privé. L'objectif étant d'améliorer la coordination et les impacts des interventions existantes. La banque confirme néanmoins qu'il n'est pas de son ressort d'intervenir dans le domaine des élections.


Lantoniaina Razafindramiadana
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