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Actualité Madagascar » Politique » Avant-projet de loi
Avant-projet de loi
Ravalomanana exclu de l'amnistie
Le président Marc Ravalomanana à Anosy en février 2009 (Photo Claude Rakotobe)
L'avant-projet de loi d'amnistie confirme la position radicale de Andry Rajoelina, président de la transition. Il est tacitement en défaveur de l'ancien président Marc Ravalomanana.
Chaud devant ! L'avant-projet de loi portant amnistie, présenté par le ministère de la Justice, qui circule sous les manteaux, prive l'ancien président Marc Ravalomanana de cette mesure d'apaisement prévue par la Feuille de route.
« Sont exclus du bénéfice des dispositions de la présente loi, les crimes de sang, ainsi que les violations graves des droits de l'Homme et des libertés fondamentales suivants, [dont les] meurtre et assassinat », a prévu l'avant-projet de loi élaboré par le ministère de la Justice.
Cette disposition, en cas de maintien, mettrait Marc Ravalomanana hors jeu d'emblée de l'amnistie. Ce dernier avait, entre autres, été condamné pour meurtre et complicité de meurtre dans l'affaire du 7 février durant laquelle une marche vers le palais d'Ambohitsorohitra des manifestants pro-Rajoelina avait essuyé des tirs meurtriers. Outre le meurtre et la complicité de meurtre, les arrestations illégales et séquestrations de personnes, ainsi que les actes de torture et le viol sont également exclus de l'avant-projet de loi.
A priori, plusieurs acteurs politiques connus devraient, par contre, bénéficier de la mesure. C'est, entre autres, le cas de l'ancien président Didier Ratsiraka, Tantely Andrianarivo, Pety Rakoto­niaina ou encore Jean-Eugène Voninahitsy. La mesure couvre la période du 1er janvier 2002 au 31 décembre 2009 « pour les faits et actes commis par les personnalités politiques, ou par les membres des instances dirigeantes des partis et entités politiques ».
Pour l'instant, le texte n'est encore qu'au stade d'avant-projet. Mais la disposition touchant l'ancien Président risque de provoquer de vifs débats au sein du régime de la transition. Andry Rajoelina, président de la transition, avait réitéré son refus d'accorder la mesure d'amnistie à son rival. À l'image de Pety Rakotoniaina, président de la Délégation spéciale (PDS) de Fianarantsoa, intéressé par l'amnistie, les adversaires de Marc Ravalo­manana ne comptent pas faire de cadeau à ce dernier.
Amnistie sélective
La mouvance Ravalo­manana ne reste pas pour autant les bras croisés. Mamy Rakotoarivelo, président du Congrès et chef de délégation, qualifie la démarche menant vers une « amnistie sélective ». Il laisse entendre la position de la Troïka, organe de coopération de la Commu­nauté de développement de l'Afrique australe (SADC) contre cette « amnistie sélective ».
Le président de la Cham­bre basse martèle que son patron « n’est pas responsable de ce qui s’est passé [le 7 février 2009]. Il y avait d’autres responsables face à cette tentative de prise du palais présidentiel ». Il conteste en même temps la légitimité des procès conduisant aux condamnations de l'ancien Président, réclamant au passage une enquête indépendante.
Les difficultés liées aux positions aux antipodes des acteurs politiques sur le cas de l'ancien Président pourraient prolonger son adoption, tant au niveau du gouvernement qu'au niveau du Parlement. Pour l'instant, le texte fait l'objet de lecture au sein du gouvernement. Et à l'allure où vont les choses, il n'est pas encore prévu d'être examiné dans les jours à venir, au cours d'un conseil du gouvernement, à moins d'un conseil extraordinaire ou virtuel comme c'était le cas du « conseil des ministres » pour la convocation de la troisième session extraordinaire du Parlement. Or, la Troïka avait fixé une date butoir pour l'adoption de l'amnistie avant le 29 février.
Selon certaines indiscrétions, un conseil du gouvernement a été prévu se tenir aujourd'hui, mais a été annulé. Des sources au courant du dossier à Ambohitsorohitra réfute toute divergence politique derrière l'annulation du rendez-vous et évoque la gestion du cyclone Giovanna comme raison de celle-ci. Une information confirmée par la Primature.
Le dernier conseil du gouvernement remonte au 31 janvier et le conseil des ministres au 1er février. La commémoration du 7 février avait été avancée la semaine dernière pour expliquer l'absence du conseil du gouver­nement la semaine dernière.

Amnistie de plein droit
À quelques exceptions, l'avant-projet de loi portant loi d'amnistie donne la part belle aux hommes politiques. Celui-ci prévoit l'amnistie sur « les faits et actes liés aux événements politiques commis par des membres des institutions de l'État, par des personnes civiles, ou par des éléments des forces armées et de la police, ou par des personnes ayant eu en charge les fonctions de direction et d'exécution au sein des institutions ou des organes de l'État ou des collectivités territoriales ».
Le texte prévoit l'amnistie « des faits et des actes commis par les personnalités politiques ou par les membres des instances dirigeantes des partis et entités politiques ». L'avant-projet de loi indique que l'amnistie « ne peut, en aucun cas, mettre obstacle à l'action de révision devant la juridiction compétente, en vue de faire établir l'innocence du condamné ».



Iloniaina Alain
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  • mpijery : [ 14 fevrier 2012 à 10h:43 ] Pour espérer un retour vers cette paix sociale, véritable et durable que chacun de nous ne peut qu?appeler de ses v?ux, il nous reste à tourner les pages les plus douloureuses de notre histoire moderne, d?une manière fraternelle et définitive : celles des victimes des « révolutions successives » que nous avons subies depuis 1972 : - procès de Tsiranana et consorts après les morts du 13 mai 1972 : aucune condamnation qui puisse être retenue pour servir de leçons pour l?avenir ; - assassinat de Ratsimandrava en février 1975, jamais élucidé : les coupables directs et les commanditaires probables courent toujours ; - carnage d?Iavoloha du mois d?août 1991 : aucun procès, et pire encore, aucune commémoration pendant vingt et une longues années. Le responsable présumé est même revenu en triomphe de son exil en 1996 pour redevenir Président de la République de 1997 à 2001 ; - événements postélectoraux de décembre 2001à juin 2002 : Didier Ratsiraka et Pierrot Rajaonarivelo ont écopé de peines infâmantes par contumace, mais non pour des motifs de crime de sang perpétré contre leurs propres compatriotes. Le premier est toujours en exil à Paris et le second est devenu ministre d?Etat par la magie du coup de force de Rajoelina et consorts ; - enfin, seule exception dans cette énumération honteuse et macabre : Marc Ravalomanana, condamné à de très lourdes peines infâmantes par contumace pour avoir été, du point de vue de la justice de la HAT, l?unique responsable du massacre d?Ambohitsorohitra en février 2009. C?est dans ce sens qu?il était difficile de croire vraiment à son retour imminent maintes fois annoncé aux indéfectibles et infatigables « zanak?i dada ». Il est trop grillé, d?une part par les casseroles qu?il traîne au pied, pour les faits personnels qui pourraient lui être reprochés, d?autre part et surtout, par la campagne médiatique féroce menée contre lui par tous ceux qui ont la « trouille bleue » de le voir réapparaître sur la scène politique nationale, le cas échéant aux élections présidentielles à venir. En application des résolutions prises dans la fameuse feuille de route, le laissera-t-on rentrer pour être libre de ses mouvements, ou l?appréhendera-t-on dès son arrivée pour le mettre en prison, sous prétexte de souveraineté de l?Etat malgache en matière de poursuites judiciaires et en double violation, d?une part de l?esprit et la lettre de ladite feuille de route, d?autre part des principes élémentaires de la hiérarchie des normes en droit ? Cela provoquerait-il une émeute dans tout le pays, comme Andry Rajoelina semble le faire croire ? L?histoire nous le dira. Je crains personnellement qu?il ne faille cependant aller dans le sens d?une amnistie générale si on veut vraiment l?apaisement dans ce pays, et quelles que soient les critiques - sans doute légitimes - qu?on puisse formuler à l?encontre de cette hypothèse. Autrement, il faudrait organiser un procès général pour tous ces événements que j?ai cités plus haut comme étant « les pages les plus douloureuses de notre histoire moderne ». Matériellement, je ne vois vraiment pas comment. Si on veut être objectif et juste, il faudra bien admettre pourtant que les vrais responsables ? je dirais même les seuls vrais responsables ? de ce qui s?est passé ce jour-là à Antaninarenina, sont ceux qui ont poussé la « foule imbécile » (cf. le dernier Edito de VANF : les points sur les « I ») de la Place du 13 Mai à procéder à l?assaut de la résidence présidentielle. Ils le sont même doublement puisqu?ils savaient très bien ce qu?impliquait le siège d?une « zone rouge ». De surcroît, ils n?ont même pas eu le courage d?y aller personnellement. De très mauvais généraux qui se sont cachés derrière leurs troupes ! Poursuivre Marc Ravalomanana, lui tout seul, avec toute la frénésie et la mise en scène qu?on y a mises est un manque de courage politique grave qui ne fait que déshonorer ceux qui en sont les commanditaires. Et l?empêcher, jusqu?à ce jour, de rentrer alors qu?on a voulu le condamner avec la plus grande des sévérités et la plus rapide des célérités ne fait que rajouter à ce tableau très peu ragoûtant. Les véritables peurs de ceux qui ont toujours refusé de le voir revenir au pays sont sans doute ailleurs, inavouables, profondes, DETESTABLES. C?est ce qui bloque la situation jusqu?à ce jour
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