Art plastique
D’amour et de peinture avec Rfaral
La finalité de cet atelier serait donc d’exprimer l’amour sous toutes les formes et de toutes les couleurs (Photo Maminirina Rado)
Depuis quelques jours, les artistes plasticiens Rfaral et Hemerson Andrianetrazafy proposent un atelier thématique en leur antre à Mahamasina. L'amour y est décortiqué en plein cœur.
Lire l'amour à travers l'art plastique, des jeunes qui suivent l'atelier de Rfaral et Hemerson Andrianetrazafy, artistes plasticiens, essayent d'apporter un imaginaire à ce thème maintenant populaire. En tout, ils sont sept apprentis à s'inspirer par ordinateur, par discussion, un thème qui crée un esprit bon enfant chez Rfaral.
« C'est le règne de cœurs brisés chez ces jeunes», taquine t-elle. Comme Yves Robinson, 26 ans, qui aime avant tout trouver sa piste dans l'ordinateur portable du local. Pour lui, l'amour est synonyme de combat, un passage obligé pour fortifier les sentiments. « Dans toute relation, la durée dépend des épreuves qu'on doit endurer pour cimenter cette relation. Que ce soit une relation simplement amicale ou amoureuse ».
Amour à pincette
Il propose un tableau où des genres de fils à caractère tribal enlacent deux formes complémentaires rappelant un œuf. Il semble voir juste et joue en profondeur.
Pour l'instant, Hemerson Andrianetrazafy ne veut pas trop forcer sur les talents.
« Nous étudions les techniques d'abord. C'est-à-dire l'harmonique chromatique, la maîtrise des couleurs », explique t-il. À partir de demain, la douzaine de tableaux sera exposée au Tahala Rarihasina, rassemblant des créations individuelles et collectives. Une première étape pour la longue recherche du beau chez Aurélie Rasoanandrasana, une autre participante. Pour elle, le constat est presque sévère.
« À Madagascar, les jeunes, parfois dès leur enfance, se trouvent exposés par l'amour. Ils en prennent trop conscience assez tôt», relate t-elle. Chez ces artistes en herbe, le plus beau des sentiments est à prendre avec prudence et surtout avec sagesse. Même si l'amour a cette chose d'improbable comme le révèle Hemerson Andrianetrazafy. « Le gamin de six ans qui est amoureux fou de sa maîtresse, le vieux qui s'attache à la jeunette. C'est un monde qui relève de la complexité de l'humain ».
Maminirina Rado
Mardi 14 fevrier 2012