Apaisement
L'UDR-C hostile au retour de Ravalomanana
Des ténors de l’UDR-C dont le président, Jean Lahiniriko (centre), face à la presse, hier (Photo Hery Rakotondrazaka)
Des dirigeants politiques membres de l'Union des démocrates et républicains pour le changement (UDR-C) ont uni leurs voix pour s'opposer au retour imminent de Marc Ravalomanana au pays. Ils ont estimé que voir l'ancien président de la République en exil est plutôt favorable à l'apaisement au lieu de sa présence au pays.
Jean Lahiniriko, président de l'UDR-C, a qualifié la déclaration de retour faite par Marc Ravalomanana de provocation. « Nous félicitons la décision prise par
l'État (pour empêcher son retour). L'un comme l'autre camp détient des armes pour s'entretuer », a-t-il affirmé, hier, lors d'un rendez-vous avec la presse à son bureau à Ampefiloha.
En présence, entre autres, d’Évariste Marson, Jean Théodore Ranjivason, Pierre Tsiranana, Naivo Raholdina, Constance Razafimily et Bernard Ravelonjato, Jean Lahiniriko a manifesté sa crainte de dégradation de la situation en cas de retour de l'ancien Chef d'État. D'après lui, Marc Ravalomanana ne restera pas les bras croisés s'il rentre dans la Grande île. De leur côté, sans maîtriser leur tempérament, ceux qui ont perdu des proches lors des événements de 2009 sont aussi capables de s'emporter contre lui. « Je connais bien cet homme (Marc Ravalomanana). On avait aussi tenté de me tuer. Mais je ne vais pas revenir sur cette histoire aujourd'hui », a-t-il indiqué, hier.
Mea culpa
Le président du groupement politique a fait allusion à la guéguerre entre lui, président de l'Assemblée nationale à l'époque, et le Président. Il y avait un moment où il a ouvert son costume pour montrer le gilet pare-balle qu'il a porté sous ses vêtements.
Interrogé sur le respect des dispositions de la Feuille de route, surtout l'article 20, sur le retour sans condition des exilés dont Marc Ravalomanana, il a attiré l'attention sur l'article 45 du même plan de sortie de crise. C'est-à-dire la traduction de l'ancien Chef d'État devant la Justice suivant le principe de souveraineté nationale. « Mais, il faut qu'il reconnaisse ses péchés. Cette prise de conscience ne s'effectue pas durant deux ou trois ans », a-t-il soutenu.
De son côté, maître Hanitra Razafimanantsoa ne s'étonne guère de la déclaration de l'UDR-C. Elle a exigé l'application des articles 16 et 20 de la Feuille de route. « Il y a aussi des pertes de vie et des blessés le 26 janvier 2009. Il y a un autre événement, le 7 mars, des victimes durant la crise. Ce n'est pas l'empêchement du président Marc Ravalomanana de rentrer qui va amener à l'apaisement », a-t-elle réagi, hier, au téléphone.
Fano Rakotondrazaka
Mardi 07 fevrier 2012