Apaisement
La loi d’amnistie mise en attente
Les parlementaires doivent patienter (Photo Hery Rakotondrazaka)
Le gouvernement s’accorde un délai d’une à deux semaines pour boucler les textes sur l’apaisement, dont l’amnistie, avant de les présenter au Parlement. Mais la partie n’est pas gagnée d’avance.
Il reste encore du chemin à parcourir. L’évolution de la situation confirme le défi qui attend la Transition pour l’adoption des mesures d’apaisement, notamment l’amnistie, alors que le temps s’égrène avant la date butoir du 29 février.
« Le Premier ministre [Omer Beriziky] avait déclaré qu’il faudra attendre une ou deux semaines avant la convocation d’une nouvelle session extraordinaire du Parlement », a indiqué Victor Manantsoa, ministre chargé des Relations avec les institutions, hier.
Victor Manantsoa évoque le chemin à parcourir avant que les textes relatifs à
l’apaisement, dont l’amnistie, la mise en place du Comité pour le Fampihavanana
malagasy ou encore le code d’éthique et de bonne conduite, soient prêts. « Ceux-ci nécessitent un examen minutieux avant d’être présentés au Parlement », soutient-il.
Le régime de Transition tente plusieurs voies pour arriver à un consensus. Outre l’éventualité d’une rencontre entre les chefs d’institution, il insiste sur les travaux au sein du comité interministériel ad hoc au sein du gouvernement ou encore sur les discussions au sein du comité mixte, incluant le gouvernement, le Parlement et les entités signataires de la Feuille de route. « Si nous constatons la nécessité d’un élargissement du dialogue malgacho-malgache avec les chefs d’Église et les Raiamandreny mijoro, nous le ferons », poursuit le ministre.
Divergences
À l’allure où vont les choses, le temps risque de manquer à la Transition. La Troïka, organe de coopération de la Communauté de développement d’Afrique australe, impose l’adoption de l’amnistie avant le 29 février, soit dans trois semaines à peu près. Avec la projection du gouvernement, le régime n’a plus une grande marge de manœuvre en cas de persistance de divergences de points de vue, pourtant prévisibles.
Andry Rajoelina, président de la Transition, avait déjà indiqué son opposition à la « culture d’impunité ». Jean Lahiniriko, président de l’Union des démocrates et des républicains pour le changement, plate-forme de soutien à Andry Rajoelina, est sorti de son silence pour réclamer une « amnistie sélective » excluant les crimes de sang et les détournements des deniers publics, hier. Il a élargi les domaines d’exclusion prévue par la Feuille de route « limités » aux crimes contre l’humanité, aux crimes de guerre, aux crimes de génocide et autre violation grave des droits de l’Homme et des libertés fondamentales.
De son côté, la mouvance Ravalomanana tente de brouiller les cartes en évoquant plusieurs pistes en faveur de l’ancien Président, son chef de file. Depuis quelques jours, elle lance une contre-offensive sur l’« affaire du 7 février » mise en avant par les pro-Rajoelina.
Iloniaina Alain
Mardi 07 fevrier 2012