Antsiranana
Défèrement des jeunes délinquants
De nombreuses personnes ont été vues aux abords du tribunal d'Antsiranana à l'ouverture de l'instruction des jeunes délinquants (Photo Raheriniaina)
L'instruction de l'affaire des jeunes délinquants a débuté, mardi. Elle retient l'attention des Antsiranais.
A cause de la grève des magistrats, les jeunes délinquants associés dans diverses bandes de quartier à Antsiranana ont dû être retenus provisoirement au camp Pardes de la brigade de la gendarmerie nationale, pendant plus d'un mois.
La reprise partielle des activités au sein du tribunal a amené celui-ci à considérer leur cas.
« Pour le moment, nous nous occupons essentiellement des affaires criminelles », fait remarquer le doyen des juges Abdou Ali.
La comparution des jeunes gens qui ont terrorisé les habitants d'Antsiranana, depuis quelques années, devant les juges d'instruction du tribunal de 1ère instance, place Kabary, a débuté le mardi 21 février. De nombreuses personnes ont envahi les abords du tribunal, dont les mères de ces jeunes délinquants.
Ils étaient au nombre de 35 à être arrêtés, à la suite de la tentative d'attaque du CEG Ramena par sept jeunes gens aidés par une mère de famille qui avait payé leurs frais de déplacement depuis Antsiranana. Les chefs des bandes « foroche », « Togo », et « Dhajal » figurent parmi les déférés à la Justice.
Sérénité
L'instruction de huit d'entre les arrêtés ont pu être bouclée, mardi. Cinq d'entre eux sont impliqués pour coups et blessures sur une fille de gendarme, tandis que les trois autres sont des membres de la bande « Dhajal » du quartier Lazaret-nord, réputés pour être des fomenteurs de violences sur autrui. Tous les huit sont mis en détention provisoire après leur première comparution.
Quatorze autres jeunes délinquants de la bande « Togo » et la mère de famille sus-citée sont passés, hier, devant le juge d'instruction, et mis aussi en prison provisoirement. 13 jeunes gens des « foroches » ont par la suite comparu.
En tout cas, l'instruction de l'affaire des jeunes délinquants ne laisse pas la population d'Antsiranana indifférente.
« Une dénonciation calomnieuse a suffi pour que mon garçon soit arrêté », a clamé une mère de famille.
Les avocats de la défense soulèvent, par ailleurs, le non-respect de droits des enfants.
Mais, les familles des victimes des jeunes délinquants ne l'entendent pas de cette oreille. De fait, parmi elles, on a enregistré des dizaines d'enfants décédés suite à des coups de couteau, et des blessés graves devenus handicapés physiques.
« Ce ne sont pas vos enfants qui ont été maltraités par ces voyous », a répliqué un parent de victime à l'endroit des hommes en robe noire.
Il est à remarquer qu'Antsiranana vit dans la sérénité depuis l'arrestation des jeunes délinquants. Mais certaines personnes ne cachent pas leur crainte quant à la décision du tribunal. Elles appréhendent la libération éventuelle de ces jeunes gens, et les représailles qu'ils entameront, alors.
Raheriniaina
Jeudi 23 fevrier 2012