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Anosy
Le CST fustige le gouvernement
Dolin Rasolosoa (à g.) en plein exposé oratoire (Photo Claude Rakotobe)
Des membres du CST se disent frustrés par le gouvernement. Ils vont jusqu’à demander la dissolution du Parlement pour « son inutilité ».
La salle de session du Conseil supérieur de la transition (CST) a connu une effervescence particulière, hier, durant la rencontre entre ses membres, conduits par Dolin Rasolosoa, et le gouvernement de la Haute autorité de la transition (HAT) dirigé par Camille Vital, Premier ministre. En effet, c’est un CST très amer, à travers quelques-uns de ses groupes parlementaires, qui a fustigé le gouvernement sur sa politique et sa procédure d’adoption de loi.

Le Pr Alain Tehindrazanarivelo, ancien membre de l’exécutif dirigé déjà par Camille Vital, s’est dit « frustré » par le traitement dont lui, son groupe parlementaire et le Conseil supérieur de la transition en général, font l’objet. « Il faut observer la logique », prévient le président du groupe parlementaire amnistie et réconciliation nationale.

Celui-ci est rejoint, dans le déballage, par son partenaire de la Chambre haute, Adolphe Ramasy, un des membres de l’Escopol. Ce dernier n’a pas été tendre envers le Premier ministre, l’invitant à « dissoudre le Conseil supérieur de la transition si on le juge inutile, car il coûte trop d’argent ». D’après Adolphe Ramasy, « le CST a perdu de sa valeur ». Il note également « l’incohérence de la pratique procédurière du gouvernement », rejoignant sur ce point le Pr Alain Tehindrazanarivelo.

Processus cassé

Dans les faits, la cause de cette « frustration » de certains membres et du CST, dans sa globalité, se trouve du côté des « observations » émises par la Chambre haute lors des examens des projets de loi et que le gouvernement fait mine d’ignorer. En effet, selon la procédure légale, le Parlement peut formuler une « proposition de loi » qu’il envoie au gouvernement. C’est seulement par la suite que le gouvernement émet ses observations et renvoie, une fois de plus, le texte avec les observations au Parlement pour adoption finale.

C’est ce processus que les membres du CST regrettent. Ils pointent du doigt « l’exécutif qui a cassé le processus ». De l’autre côté, ces membres se plaignent également des « incohérences des projets de loi » envoyés par le gouvernement. Et à eux de mentionner l’exemple de « la référence à la Feuille de route qui a juste été paraphée ». Adolphe Ramasy, le Pr Alain Tehindrazanarivelo et les autres signalent un autre cas de ces incohérences en rappelant que « le projet de loi sur les élections a été envoyé alors que l’amnistie et les mesures d’apaisement n’ont pas encore été traitées ».

De son côté, fidèle à ses habitudes, Camille Vital s’est réfugié derrière « la période de Transition ». D’après ses termes, « nous sommes encore en pleine période de Transition », sous entendant la prise de dispositions particulières. Le Premier ministre pousse même le bouchon plus loin en « invitant les parlementaires à déposer leurs observations à son bureau et que (ses) portes sont ouvertes ». Une entorse de plus à la procédure. N’empêche que le général, chef de l’exécutif, a qualifié deux sortes d’opposition. Celle « officielle » selon ses propos, comprenant les mouvances des trois anciens présidents, et une autre, moins officielle, qui siègerait dans les chambres parlementaires.

Vital défend son gouvernement

Le Premier ministre, Camille Vital, a défendu bec et ongles son « gouvernement d’union nationale ». Mis à mal par une frange du Conseil supérieur de la transition, en particulier par le Pr Théodore Ranjivason, qui en démontre du début jusqu’à la fin de la séance, le chef du gouvernement s’est employé à justifier « la continuité de l’État » dont a été accusée son équipe. « L’application du contrat sur le projet Ambatovy en est la preuve », a annoncé le locataire de Mahazoarivo.


Misaina Rakotondratsima
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