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Amnistie
Rajoelina accule Ravalomanana et Ratsiraka
Bain de foule de Rajoelina, hier, à Ambohitsorohitra (Photo Sergio Maryl)
La commémoration de l’événement du 7 février suscite des questions sur la suite de la cohabi­tation au sein d’une transition censée être consensuelle et inclusive. L’avenir de la Feuille de route est compromis.
La transition consensuelle et inclusive de nouveau à l’épreuve. Andry Rajoelina, président de la transition, engage un combat contre Marc Ravaloma­nana et, dans une moindre mesure, contre Didier Ratsiraka.
« Il ne s’agit pas seulement d’une simple commémoration mais d’un renforcement de la lutte, qui a conduit des martyrs à verser leur sang pour que les personnes avides de pouvoir ne reviennent plus au pouvoir », a déclaré le président de la transition lors de la commémoration des événements du 7 février, hier, à Ambo­tsorohitra.
Andry Rajoelina n’a pas été tendre envers les deux anciens chefs de l’État. « Ceux qui ont réalisé un crime, même s’ils sont encore vivants, sont déjà morts (
) Ils ne sont plus des dirigeants, ni des hommes politiques mais des assassins », lance-t-il, en faisant le rapprochement entre l’événement du 7 février et la « Marche du 10 août 1991 » à Iavoloha alors que Didier Ratsiraka était chef d’État.
Le président de la transition, qui se réapproprie au passage le mouvement de 2009, joue sur la fibre émotionnelle de l’opinion pour acculer les deux anciens présidents. « Andry Rajoelina ne dévie pas des principes que nous avons adoptés sur la Place du 13-Mai, et ce jusqu’à la réalisation des changements espérés », promet-il, donnant l’impression de vouloir s’engager dans un nouveau combat.
Divergences
Dans une certaine mesure, le président de la transition met la pression sur le Parle­ment en vue de l’adoption de l’amnistie. Mais la commémoration révélé les divergences au sein des institutions transitoires. Pour une raison ou une autre, le Premier ministre Omer Beriziky et plusieurs membres du gouvernement et du Parlement issus des mouvances Ravalomanana et Zafy ont brillé par leur absence.
Interrogé sur la cohérence de la démarche avec l’apaisement, Benjamina Ramanantsoa, ministre des Trans­ports et coordonnateur général de l’Espace de concertation politique (Escopol), présent à Ambohitsorohitra, préfère relativiser l’événement. « Il s’agit d’un devoir de mémoire, un acte mémoriel à replacer dans son contexte », avance-t-il, sans répondre à la question sur la répercussion de l’initiative dans le processus de consensualité et d’inclusivité prôné par la communauté internationale pour la sortie de crise.
Me Hanitra Razafi­ma­nantsoa, vice-présidente du Conseil supérieur de la transition, membre de la mouvance Ravalomanana, n’est pas tendre envers l’initiative. « J’ai comme l’impression qu’on se trompe de date. Nous sommes en 2012 et non plus en 2009 », ironise-t-elle, tout en déplorant l’« absence de considération de la Feuille de route » dans le discours.
L’avocate de l’ancien président apporte également sa version sur l’événement du
7 février et l’amnistie évoquée par Andry Rajoelina. « On se demande qui a besoin d’une amnistie ? Si nous radicalisons nos positions, qu’en est-il du sort des 20 millions de Malgaches ? », se demande-t-elle, insistant sur une « solution politique à une crise politique ».


Des Tunisiennes témoignent
Un soutien pour les meneurs du mouvement de 2009. Des Tunisiennes, annoncées comme ayant participé à la « Révolution du Jasmin » ont partagé leurs expériences de lutte populaire avec le régime de transition.
« Vous devez lutter pour vos élections (...) Non à l’ingérence des pays occidentaux. C’est vous qui devez lutter pour votre liberté », a conseillé Lina Ben Mheni après la série de témoignages de ceux qui se sont présentés comme étant des victimes de l’événement du 7 février, hier à Ambohitsorohitra.
La Tunisienne fait le parallélisme entre la situation traversée par son pays et la crise malgache, du moins sur le débat concernant le retour de l’ancien président Marc Ravalomanana. « Personne ne veut voir Ben Ali (ancien président tunisien) au pays. Ils doivent être punis ». avance-t-elle, sous une salve d’applaudissements de l’assistance.

Monja Roindefo dénonce
Le premier Premier ministre de la transition, Monja Roindefo, torpille la démarche autour de l’« affaire du 7 février ». Il évoque l’absence d’enquêtes officielles sur le dossier, trois ans après les faits.
« On parle d’enquête alors que moi, en ma qualité de Premier ministre de l’époque, n’en ai diligenté aucune et n’ai reçu aucune conclusion », a lancé Monja Roindefo lors du dépôt de gerbes à Ambohi­tsorohitra, après la cérémonie officiellement organisée par l’Association des victimes du 7 février (AV7).
L’ancien chef du gouvernement reconnaît la difficulté de déterminer la responsabilité de ce qui s’est passé. « J’ai entendu des tirs provenant d’autres angles », témoigne-t-il.



Iloniaina Alain
Vos réactions
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  • Pakysse : [ 08 fevrier 2012 à 11h:39 ] Je trouve que la politique de terreur exercée par ce régime a été imposée au nom de la libération de l?oppression et de l?exploitation et que la conscience du caractère pathétique et l?action menée contraire à la règle démocratique est devenu un monument.
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