Affaire FIGN
Cinq gendarmes relâchés
Des gendarmes ayant participé à la mutinerie des FIGN en 20 mai 2010 (Photo Mamy Mael)
Un adjudant-chef, deux adjudants et deux soldats, ncriminés dans l'affrontement militaire aux FIGN ont été relâchés. Une mesure entrant dans l’application de la Feuille de route.
Les premiers militaires, incriminés dans l'affrontement militaire qui s'était soldé par trois morts et 15 blessés aux FIGN le 20 mai 2010, ont recouvré la liberté. Ils sont cinq à être relâchés jeudi, après avoir bénéficié d'une mise en liberté provisoire. Mis en détention préventive depuis plus d'un an à la maison de force de Tsiafahy, quatre des prévenus sont sortis de prison dans la soirée vers 20 heures. Placé sous mandat de dépôt à la maison centrale d'Antanimora, le cinquième a, pour sa part, quitté son lieu d'incarcération le même jour, mais un peu plus tôt.
Les cinq détenus relâchés sont tous des gendarmes. Leur libération intervient dans le cadre de la mise en œuvre de la Feuille de route et découle d'une réunion de la commission interministérielle ad hoc du 19 janvier, portant sur l'amélioration des conditions de mise en détention des militaires poursuivis pour des infractions ou des crimes à caractère politique.
« Certes, il y a l'application de la Feuille de route pour une sortie de crise, mais il ne faut pas oublier que le tribunal ne peut libérer un prévenu lorsque les charges qui pèsent sur lui sont justifiées et les preuves tangibles. Ces cinq gendarmes ont été relâchés faute de charges », a tenu à préciser la ministre de la justice Christine Razanamahasoa.
Des éternels exclus
Selon ses explications, les cinq prévenus à qui une mise en liberté provisoire a été accordée, sont des exécutants qui ont obéi aux ordres malgré eux. Outre cette circonstance atténuante, ils ne peuvent pas être poursuivis comme étant les instigateurs de l'affrontement meurtrier qui a éclaté aux FIGN. Parmi eux figurent un gendarme principal hors classe ou au grade d'adjudant-chef, deux adjudants et un gendarme de deuxième classe, lequel se trouve encore dans les rangs des simples soldats au même titre que le cinquième incriminé.
De source auprès du tribunal, la bonne conduite pendant le séjour carcéral peut être décisive dans une demande de mise en liberté provisoire.
Parmi les cerveaux présumés de l'affaire FIGN, le colonel Raymond Andrianjafy est toujours sous les verrous à la maison de force de Tsiafahy. Il ne figure pas non plus dans la liste de ses coaccusés transférés à l'une ou l'autre maison centrale de Toliara, Ambatolampy, Antsirabe et Arivonimamo, après avoir bénéficié d'une amélioration de condition de mise en détention. Des proches de certains de ces prisonniers indiquent que ces derniers ont été conduits loin de leurs familles.
Comme explication, le général Rasolomanga Rakotonirina, directeur de la sécurité des établissements pénitentiaires, a mis en évidence que c'est l'amélioration des conditions carcérales qui a prévalu lorsque ces décisions de transfert ont été prises.
Le procès de l'affaire FIGN devrait se tenir à la cour criminelle ordinaire du Palais du tribunal à Anosy dans le courant de cette année.
Seth Andriamarohasina
Samedi 28 janvier 2012