Affaire de mœurs
La libération de Jao Jean demandée
Maître Paul Bert, avocat de Jao Jean (Photo Iloniaina Alain)
Même à l’ombre, Jao Jean continue d’enflammer ses nombreux partisans. Son avocat va entamer une procédure pour le faire libérer.
Les partisans de l’ancien député Rémi dit Jao Jean ne restent pas les bras croisés. Ils multiplient les initiatives pour supprimer au mandat d’arrêt contre l’ancien membre du Congrès, toujours politiquement influent dans la région de Sofia.
« Nous allons demander la main-levée du mandat d’arrêt contre Jao Jean », a indiqué Maître Paul Bert, avocat de l’ancien parlementaire et membre du Congrès de la transition, en fin de semaine à Antsohihy. Il a profité de son discours à l’occasion de la cérémonie de réinstallation de quatre maires évincés dans la région pour faire passer son message.
Maître Paul Bert déplore la situation vécue par son client, soupçonné d’être impliqué dans une affaire de mœurs et emprisonné à Mahajanga. « Cela fait deux mois qu’il est incarcéré. Sa détention est dictée par un mandat d’arrêt non encore transformé en mandat de dépôt, pour la simple raison qu’il n’a pas encore fait l'objet d’enquête jusqu’à maintenant », soutient-il devant une assistance munie de banderoles lançant un message aux autorités, pour la libération de l’ancien membre de la Haute autorité de la transition (HAT).
Les autres orateurs se relayent pour défendre la cause de Jao Jean. Victor Rakotondravony, maire d’Antsohihy exploite l’épisode de sa vraie-fausse éviction pour incarner l’habit d’une victime. « S’il [Jao Jean] était là, cette histoire [de mise en place de président de délégation spéciale, annulée 24 heures après l’installation de ces derniers] n’aurait pas eu lieu », affirme celui qui se considère comme « orphelin » du fait de l’absence de l’ancien député.
Arnaud Marius Auguste, président du Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM) confirme le « droit de Jao Jean et de ses partisans à demander la libération de celui-ci ». « Mais il faut en même temps respecter le droit de la justice d’accéder ou non à celle-ci », poursuit-il.
Chacun ses droits
Le président du SMM apporte d’autres éclaircissements sur le cas de l’ancien député d’Antsohihy. « Le juge d’instruction s’est déjà déplacé à l’hôpital, là où il se trouve. Mais il refuse d’être enquêté. Ce qui est également son droit », précise-t-il.
Arnaud Marius Auguste affirme « suivre de près » l’affaire Jao Jean. « Nous estimons la nécessité de laisser ce dossier entre les mains de la justice, sans que la politique ne s’y immisce », revendique-t-il, prévenant toute éventuelle intervention dans le cours normale de la justice.
Iloniaina Alain
Mercredi 22 fevrier 2012