Affaire BANI-FIGN
Assignation à résidence annulée
Le colonel Ravoavahy (à g.) fait partie des officiers qui ont rejoint Antanimora, vendredi (Photo Hery Rakotondrazaka)
Trois officiers ont été transférés à Antanimora. L'amélioration des conditions de détention des prisonniers militaires est remise en cause.
Machine arrière dans l'application de la Feuille de route. Vendredi, trois détenus militaires, assignés à résidence à Mantasoa, ont été transférés à la maison centrale d'Antanimora.
Deux colonels, à savoir Vincent Toto et Ravoavahy, incriminés dans une tentative de renversement du pouvoir de la Transition, fomentée à la Base aéronavale d’Ivato (BANI), à la mi-novembre 2010, et le commandant Ratsiorimanana, mouillé dans un affrontement militaire, soldé par trois morts et 15 blessés au camp des Forces d'intervention de la gendarmerie nationale (FIGN), à Fort Duchesne, le 20 mai 2010, sont concernés par cette décision judiciaire.
Livrés au tribunal après leur reddition, ces trois officiers supérieurs ont écopé d'une mise en détention préventive à la maison de force de Tsiafahy, au même titre que plus d'une trentaine d'autres militaires.
Suspendus à cette décision du parquet, les prévenus ont croupi sous les verrous jusqu'à ce qu'un revirement de situation ne survienne avec la signature de la Feuille de route, à Ivato, dans la nuit du 16 au 17 septembre 2011.
Caractères politiques
La mise en œuvre de ce document prévoit, entre autres, la libération des prisonniers politiques. Dans le cadre de son application, une commission interministérielle ad hoc, qui s'est réunie le 19 janvier, a tranché en faveur d'une amélioration des conditions de mise en détention des militaires poursuivis pour des infractions ou des crimes à caractères politiques. Ils sont 24 à en avoir bénéficié. Parmi eux, les colonels Vincent Toto et Ravoavahy ainsi que leur codétenu, le commandant Ratsiorimanana, ont quitté la maison de sûreté de Tsiafahy le 23 janvier pour être placés en résidence surveillée à l’ancienne villa du Président défunt Philibert Tsiranana, à Mantasoa.
Après y avoir été placés sous haute surveillance pendant une dizaine de jours, les trois officiers supérieurs ont été transférés à Antanimora, vendredi. Ils sont détenus dans le quartier des prisonniers politiques baptisé « Maputo ».
Seth Andriamarohasina
Mardi 07 fevrier 2012