Accident maritime
Des plongeurs en mission
Le caboteur Elisabeth II va emmener le plongeur vers sa «sister ship» gisant par 50m de profondeur (Photo Mahefa Rakotomalala)
Des plongeurs spécialisés vont visiter l'épave de l'Élisabeth I, localisé à dix kilomètres au large de Masoala
Fait plutôt inhabituel sur le quai plage du port de Toamasina, dans la matinée de vendredi. Sous un temps pluvieux, un étranger enfile sa combinaison de plongée, avec une bombonne de gaz à côté de lui. À un mètre de là se trouve amarré un caboteur avec deux conteneurs déjà embarqués, et solidement attaché sur le pont. À l'arrière, son nom écrit en caractère bleu bien lisible attire l'attention: Elisabeth II. En fait, il s'agit de la «sister ship», sœur jumelle, selon le jargon technique des marins, de l'Elisabeth I, le caboteur qui a sombré au large de Masoala le 26 décembre 2011 avec 38 personnes à son bord. L'Élisabeth II a été aménagé et chargé avec la même configuration que le bateau disparu, lorsque ce dernier avait quitté pour la dernière fois le port de Toamasina dans la matinée du même jour de son voyage fatidique.
«Quatre plongeurs professionnels et bien expérimentés de l'Institut halieutique et des sciences marines de Toliara vont se rendre sur l'épave de l'Élisabeth I. Grâce à l'existence de ce sister ship basé à Toamasina, ils peuvent étudier l’aménagement et les particularités du navire accidenté pour faciliter leur mission d'expertise», déclare le capitaine de vaisseau Rolland Rasolofonirina, directeur du Centre des opérations maritimes au sein du ministère des Transports.
Phase technique
L'envoi de ces plongeurs constitue une autre étape dans les recherches déclenchées à la suite de cet accident. Les premières semaines ayant surtout été consacrées aux recherches d'éventuels survivants, il s'agit maintenant de recueillir des informations susceptibles d'être à l'origine de la catastrophe. Les plongeurs vont donc vérifier certains détails techniques comme la disposition des marchandises, et surtout vérifier si les dépouilles des personnes disparues se trouveraient encore enfermées quelque part à bord.
Cette initiative de l'État mettrait également fin aux suspicions sur l’existence d'éventuels objets ou marchandises embarrassant qui se seraient trouvées à bord du navire accidenté, et que certaines personnes veulent cacher.
Mahefa Rakotomalala
Mardi 31 janvier 2012