Justice
Reprise ardue au tribunal Anosy
Grande affluence au tribunal dès l’annonce du service minimum (Photo Hery Rakotondrazaka)
Service minimum annoncé chez les magistrats, depuis hier. Mais les usagers devront encore s'armer de patience.
La foule était au rendez-vous, hier, au tribunal Anosy après deux mois et demi de grève sans service minimum effectuée par le syndicat des magistrats de Madagascar (SMM). Une grande affluence est aperçue devant la porte du parquet. « Mon frère est déjà mis sur mandat de dépôt à Antanimora, depuis la fin du mois de décembre. Depuis ce mois, aucun procès n'a été tenu. Nous espérons alors un verdict aujourd'hui », a confié la sœur d'un homme suspecté de cambriolage et qui voulait rester anonyme, hier, à Anosy. Elle n'était pas la seule à solliciter les magistrats. « Nous sommes venus très tôt ce matin, vers sept heures trente, pour régler des litiges entre des héritiers. Mais notre affaire ne fera pas partie des préoccupations au service minimum annoncé par le SMM, selon notre avocat », a relaté avec déception Voahangimbololona Ratsiferatiana, une habitante de la commune d'Alasora, hier.
Affaires urgentes
Face à cette attente et incompréhension, le président du SMM, Marius Auguste Arnaud s'explique. « Nous n'allons nous occuper que des affaires urgentes comme les arrestations, les casiers judiciaires, les nationalités, les affaires urgentes parvenues au siège ou les litiges urgents référés. Les audiences seront effectuées deux fois par semaine, le mardi et le jeudi. Les affaires civiles et commerciales normales demeurent suspendues », a-t-il précisé. Le retour à la normale du traitement des dossiers ne se fera pas, ainsi, du jour au lendemain. « 1 000 dossiers par jour ont été reçus, durant la grève des magistrats. Il faut au moins trois mois pour boucler ces dossiers », confie une source auprès du parquet du tribunal Anosy qui souhaite garder l'anonymat. Mais il n'y a pas que les audiences qui sont affectées par cette grève des magistrats. La distribution de casiers judiciaires sera également touchée. « Malgré l'annonce de service minimum effectué par les magistrats, nous prenons encore une marge pour distribuer les casiers judiciaires. En temps normal, le casier est distribué le lendemain de la demande, mais depuis la grève jusqu'à aujourd'hui (hier), nous prenons encore une marge de trois à quatre jours. Nous avons encore peur de décevoir les gens car si les magistrats annoncent une réunion, il n'y aura personne pour signer le casier », conclut un responsable au sein du service de délivrance de casier judiciaire.
Vonjy Radasimalala
Mardi 21 fevrier 2012