Édition
Les métiers du livre au cœur du débat
De gauche à droite, Aina Jean Razakasoa, président du SYNAEL, Lalao François Rabenandrasana, auteur et ancien président de la FIMPIMA et Richard Raveloson, libraire, au CEMDLAC, hier (Photo Claude Rakotobe)
La professionnalisation des métiers du livre fait partie des conditions nécessaires pour sortir de la crise de l'édition.
Le Syndicat National des Auteurs, Éditeurs et Libraires de Madagascar (SYNAEL) a organisé, hier, une conférence dont l'objectif est de réfléchir sur les solutions à la crise qui mine la chaîne du livre à Madagascar, depuis plusieurs années. En amont, les intervenants sont revenus sur les métiers du livre, de l'écriture à la lecture en passant par l'édition et l'imprimerie.
Dans sa définition de l'auteur, Lalao François Rabenandrasana précise que la grande famille des auteurs regroupent les auteurs de manuels scolaires et d'ouvrages techniques, les journalistes et ne se résument pas aux écrivains, nouvellistes et poètes.
Richard Raveloson, libraire, insiste sur l'urgence de la professionnalisation des métiers du livre. La relation de méfiance qui s'est installée entre l'auteur et l'éditeur se trouve à l'origine de la dégradation de la qualité et la quantité de livres qui sortent.
Victoire Ramilison du CEMDLAC a profité de l'occasion pour dresser le bilan du réseau de lecture nationale (CEMDLAC, CLAC) mis en place par le ministère de la Culture et du Patrimoine en partenariat avec l'Organisation Internationale de la francophonie depuis 2001.
Livres insuffisants
« Nous disposons de 22 centres de lecture qui enregistrent 325 000 lecteurs par an. Dans ces centres, un lecteur fait un prêt de 1,2 livre par mois. Malheureusement, nous avons du mal à répondre aux besoins de ces centres. Les ouvrages demandés ne sont pas toujours disponibles et pas de bonne qualité », a fait savoir le patron du CEMDLAC.
Sans aller dans le fond du problème qui mine la chaîne du livre à Madagascar, cette initiative invite au moins les acteurs du livre à se pencher sérieusement sur la professionnalisation des métiers du livre. Les acteurs sont aussi appelés à changer certaines pratiques qui ne favorisent pas l'accès au livre.
« Il est grand temps qu'on passe à la professionnalisation des métiers. A l'étranger, une librairie est un endroit accueillant et très agréable. Elle dispose d'un espace enfant où les enfants peuvent lire et apprécier le livre avant de l'acheter. Chez nous, il est interdit de toucher aux livres sur les rayons... » critique Victoire Ramilison.
Domoina Ratsara
Mardi 21 fevrier 2012