Eau et électricité
Une proposition de hausse de 25%
La hausse annoncée des tarifs de la Jirama est, aujourd’hui, imminente (Photo Claude Rakotobe)
La hausse des tarifs de l'eau et de l’électricité de la Jirama devrait tourner entre 18 et 25%. Les principaux responsables restent évasifs sur le sujet.
Avis aux abonnés de la Jirama. La révision à la hausse des tarifs de l'eau et de
l’électricité semble imminente. Selon des sources proches du dossier, les préparatifs en vue de son application sont déjà en cours et n'attendent plus que l’officialisation de la décision. Une source proche de l'Office de régulation de l’électricité (ORE) évoque une hausse qui devrait avoisiner les 25% au maximum. Mais ce chiffre n'a pas encore été confirmé par la Jirama qui préfère jouer la prudence par rapport à la question.
« Une révision des tarifs devrait être le fruit d'un consensus. Mais je confirme que la Jirama a plus que jamais besoin d'une révision de ses tarifs à l'heure actuelle », confirme un haut responsable au sein de cette société d’État qui approvisionne en eau et en électricité une grande majorité du pays.
Comme son nom l'indique, l'ORE est la structure chargée de régulariser les questions touchant le domaine de l’électricité, dont le tarif. C'est, en quelque sorte, l'organe consultatif qui détermine l'opportunité ou pas d'une révision à la baisse ou à la hausse de l’électricité. Dotée d'un conseil administration indépendante, l'ORE base de manière indépendante sa décision par rapport aux facteurs sur le terrain comme le prix du carburant. La proposition de l'ORE passe par la suite au niveau du gouvernement, dont, entre autres, le ministère de l’Énergie qui promulgue le changement de tarifs par voie d'arrêté. La Jirama ne fait, par la suite, qu'appliquer cette décision prise en haut lieu.
« Une hausse de tarifs de l’électricité est une décision qui passe par les politiques. Mais elle est toujours précédée par des consultations de tous ceux qui seront concernés, notamment le monde économique et industriel », précise notre
interlocuteur.
La hausse de tarifs de la Jirama était dans l'air depuis longtemps. Même le président de la Transition, Andry Rajoelina, a déjà évoqué son éventualité au début de l'année, lors de la rencontre avec le secteur privé au palais de Iavoloha. Mais le sujet n'a été plus jamais évoqué, jusqu'à ce jour.
Perte énorme
Le problème de tarifs de la Jirama a déjà été évoqué depuis plusieurs mois. Beaucoup d'analyste le qualifie comme étant la partie cachée de l’iceberg, avec le bras de fer qui oppose l'État et les compagnies de distribution pétrolière. Faute de visibilité, les vendeurs de carburant hésitaient à conclure des contrats de vente à long terme avec la Jirama.
Et le contexte qui sévit aujourd’hui semble donner raison à cette prudence des pétroliers. Des chiffres sortis récemment dans la presse évoquent une perte de plusieurs centaines de milliards d'ariary. La Jirama vendait à perte son électricité depuis 2010. En 2011, un gap de 127 milliards d'ariary a été enregistré
entre la recette et les charges d'exploitation.
Mahefa Rakotomalala
Mardi 21 fevrier 2012