Commerce
L'exportation de bois rétablie
Crainte de gabegie. Une nouvelle décision du ministère de l'Environnement risque de mettre en péril la protection des ressources forestières malgaches. Un arrêté ministériel a été promulgué le 18 janvier 2012 mentionnant la libéralisation de l'exportation dans le secteur. Selon l'article 4 de cet arrêté, « l'exportation des produits principaux des forêts naturelles toutes catégories confondues est autorisée sous toutes ses formes par l'agent forestier responsable de l'administration forestière concernée ». Elle rajoute dans l'article 6 que « l'agrément d'exportation de produits principaux des forêts est délivré à titre individuel à toute personne physique et morale qui en a fait la demande pour une quantité et une période déterminée ».
Le ministère a ainsi ouvert la porte de la commercialisation et exportation des produits forestiers à toute personne ayant le moyen d'investir dans le secteur. Allant des bois précieux tels que le bois de rose jusqu'au bois de chauffe, tout est désormais libre à en croire le contenu de cet arrêté. Cette libéralisation a outré la Société civile œuvrant dans l'environnement, l'Alliance Voahary Gasy. Le coordinateur, Andry Rakotomanga, a indiqué à la presse, hier, que l'application d'une telle décision ne pourrait qu'être catastrophique.
Vices de forme
Pour le court terme, il a évoqué que cet arrêté risque déjà de faire tomber à l'eau tous les efforts entrepris pour la gestion et la vente des bois de rose et bois d'ébène entre les mains des opérateurs.
« Cet arrêté marque la fin de tous les efforts entrepris. Pour la vente, la question d'appel d'offres est ainsi demandée. On se demande si le président de la Transition, Andry Rajoelina, ou même le Premier ministre, Omer Beriziky, est au courant d'une telle décision », s'interroge t-il.
Étant donné que cet arrêté concerne tous les produits principaux des forêts, l'Alliance Voahary Gasy estime que celui-ci va même à l'encontre de l'Ordonnance n° 2011-001 du 08 août 2011, portant répression des infractions relatives aux bois de rose et aux bois d'ébène. Comme un arrêté ministériel ne peut pas abroger une ordonnance, cette société civile estime que celui-ci renferme « des vices de forme juridiques. Ce texte a une valeur de loi dont les dispositions impératives ne doivent en aucun cas être transgressées et ignorées par un simple arrêté ministériel », souligne Andry Rakotomanga.
Judicaëlle Saraléa
Mardi 21 fevrier 2012