Bulletin unique
Tsimbazaza répond au CST
La commission mixte du Congrès a invalidé la proposition du CST, hier (Photo Mamy Mael)
Le Congrès envisage d’invalider le système de vote par empreinte digitale proposé par le CST.
L’adoption du code électoral prend des airs de telenovela au fur et à mesure de la troisième session parlementaire extraordinaire. La commission mixte composée de pas moins de quatre commissions du Congrès de la transition (CT) a mis un bémol, hier, sur la décision du Conseil supérieur de la transition (CST) d’apposer une empreinte digitale sur le bulletin unique en lieu et place de la traditionnelle croix. Cette commission mixte a, en effet, renié cet amendement sur les cinq autres apposés par Anosikely. La séance plénière de ce jour devrait ainsi voir le CT adopter un mode de scrutin qu’il a auparavant adopté, une première fois.
L’innovation du CST consistant à apposer l’empreinte digitale de l’électeur sur la case idoine du bulletin unique risque de ne pas faire long feu. Roberto Tinoka, vice-président du CT, a nié l’alternative du CST à la croix, expliquant qu’« une empreinte digitale est à la limite encore identifiable ce qui serait contraire à l’anonymat d’un vote ». Ce membre du bureau politique du Tanora malaGasy Vonona réitère ainsi le choix de la Chambre basse en insistant sur « le respect de la confidentialité avec un cochage classique ».
Un membre de cette commission mixte confirme cette décision. « Nous sommes tombés d’accord sur le fait que cette technique, si elle autorise moins de possibilités de fraudes, comporte cependant plus de risque d’influence », confie le membre du CT, hier, à Tsimbazaza.
Une première
Le fait est que, selon les explications et débats d’hier, cette idée devrait amener les responsables des bureaux de vote à donner l’exemple aux électeurs, d’où un plus grand risque d’influence, surtout dans les zones rurales où l’analphabétisme est plus présent.
Le CST avait, la semaine dernière, samedi précisément, adopté le bulletin unique avec l’option empreinte digitale. Olivier Rakotovazaha, membre de cette Chambre parlementaire, a estimé comme ses pairs que ce mode de scrutin serait plus difficile à falsifier et éviterait des votes blancs. Le cas des bulletins précochés mentionnés par des observateurs électoraux lors du référendum constitutionnel du 17 novembre 2010 a, par ailleurs, été évoqué par d’autres membres.
Cette nouvelle donne, si elle se confirme lors de la séance plénière de ce jour à Tsimbazaza, ne sera qu’une étape de plus dans la navette entre les deux Chambres parlementaires de la transition. Cette possibilité de voter avec les empreintes digitales aurait pu être une grande première pour Madagascar, mais a déjà eu l’occasion de faire ses preuves dans d’autres pays africains, avec plus ou moins de succès cependant. Des rapports précisent de même que jusqu’à 7 % des électeurs ont eu du mal à apposer leur empreinte sur une seule case du bulletin dû au nombre conséquent de candidats.
Misaina Rakotondratsima
Mardi 21 fevrier 2012