Banque centrale
Le gouverneur refuse la passation
Aina Marie Razafindrakoto craint que le remplacement du gouverneur entraîne de sérieux problèmes dans l’institution (Photo Hery Rakotondrazaka )
Le limogeage de Frédéric Rasamoely prend effet, depuis vendredi. Il ne s'est pas rendu, hier, à la Banque centrale pour procéder à la passation de service.
La tension persiste. La cérémonie de passation de service entre le gouverneur, Frédéric Rasamoely, et le directeur général (DG) de la Banque centrale, Guy Ratovondrahona, a été prévue hier. Finalement, elle n'a pas eu lieu car le gouverneur limogé, depuis vendredi, ne s'est pas présenté sur les lieux, évoquant que la passation devrait se faire selon « les règles de l'art ».
En d'autres termes, Frédéric Rasamoely conteste aussi la manière dont s'est déroulé son remplacement. Il a alors transmis aux agents de la banque qui sont entrés en grève, depuis le jour de son limogeage, sa décision de ne pas procéder aux passations.
Fin du mandat
« Selon la déclaration que le gouverneur nous a fait parvenir, il ne pourra pas se présenter ici au risque de subir une pression pour effectuer la passation. Si une rencontre doit se faire entre lui et le directeur général, elle devrait se dérouler en présence du censeur », rapporte un des employés en grève. Des propos bien accueillis par l'assistance.
Une partie des employés de la Banque centrale s'oppose à la nomination du DG au poste de gouverneur. Selon leurs dires, cette initiative bafoue le statut de l’institution, étant donné que sa prise de fonction en tant que DG ne s'est pas faite dans des conditions requises, dont la nomination sur proposition du Conseil d'administration de la Banque centrale. « Lors de la nomination du DG, parachuté par la Banque centrale, des employés ont déjà manifesté leurs contestations. Mais les administrateurs ont été poussés à entériner la situation et ont juste répondu par « On prend acte ». C'est une situation illégale car depuis, ce DG n'a eu aucun pouvoir de signature », souligne Aina Marie Razafindrakoto, un employé en grève. « Qui pourra assurer que sa signature sera à présent reconnue par les partenaires de la Banque centrale localement et à l'étranger ? Cette aventure pourra aboutir sur le gel des avoirs de la banque à l'extérieur », poursuit-il. La grève continue donc pour ces employés, malgré une éventuelle réquisition annoncée par la direction générale.
En réponse, le Grand argentier, Hery Rajaonarimampianina, confirme que le remplacement du gouverneur par le directeur général suit les dispositions statutaires de la Banque centrale. « La question de reconnaissance ne devra pas poser problème car cette nomination répond aux dispositions statutaires de la Banque centrale. Par ailleurs, le DG y a déjà occupé des postes », a-t-il annoncé, hier, au cours d'une conférence de presse. « Pour les acteurs locaux, je n'ai pas encore de réactions négatives. J'appelle alors l'ancien gouverneur à procéder à la passation. Il est assez sage pour ne pas tenir l'économie nationale en otage et de mettre en avant l'intérêt de la Nation », a enchaîné le ministre des Finances et du budget.
Toujours d'après ses déclarations, l'abrogation de la nomination de Fréderic Rasamoely en tant que gouverneur est intervenue le 26 janvier 2011, au cours d'un Conseil des ministres, ayant comme motif la fin de son mandat. Après deux prolongations de six mois chacune, une lettre constatant la fin du mandat lui a été envoyée. Comme le stipule le statut de la Banque centrale, le directeur général en fonction assure l'intérim lorsque le mandat du gouverneur prend fin.
Lantoniaina Razafindramiadana
Mardi 21 fevrier 2012