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Trois miss dont W. Houston, we miss you
MISS GIOVANNA. Parmi les catastrophes mémorables qui marquent le début de cette année, le cyclone Giovanna. Prénom à assonance italienne qui se traduirait par Jeanne en français. Lourd bilan dirait l’autre : décès, sinistrés, inondations, catastrophes matérielles et agricoles,

Mais ce genre de cataclysme est de nature cyclique sur une zone comme la nôtre qui est l’océan Indien. De mémoire personnelle, et sûrement collective, il n’y a jamais eu un début et fin d’année sans ces alertes télévisuelles ou (plus pittoresques et contextuelles) radiodiffusées annonçant le passage d’un cyclone, une triste célébrité à qui il faudra donner une dénomination
Il va flotter un max, il faut se calfeutrer chez soi pour ne pas se ramasser une tôle ou autre objet volant à la grande vitesse du vent. Symptômes chroniques annuels, donc.
Cette année, autre point, Giovanna, la Jeanne de cyclone fou s’invite le jour de la Saint Valentin. En plus des dégâts qu’elle inflige, une manière sournoise de s’imposer dans les mémoires. Dans la Capitale, la veille, il fait beau fixe, soudain vers trois heures du matin, vents, pluies averses, et vers la fin de la journée de la Saint Valentin, accalmies et crachins
Retour de la sérénité des restaurateurs et autres créateurs d’évènements qui ont croisé les doigts jusqu’à la luxation pour que ce jour pain bénit pour le commerce ne tombe pas indécemment à l’eau. Et la Saint-Valentin, contre vents, cyclones et marées fut quand même célébrée.
Cependant Giovanna, donc, cyclone mémorable laisse des sinistres sur le Pays. Mais sous ces cieux tropicaux, rien de nouveau, et on pourrait même en jurer ou se laisser prendre dans un pari à un contre un, on se retrouve, chaque année, avec les mêmes faits, les mêmes images médiatisées. Les quartiers bas de la ville et leurs habitants baignant dans de l’eau qui arriverait presque à la hanche, les infrastructures qui ferment, olé aussi bien chez les écoliers que chez les actifs (cette année, Saint Valentin en plus !), les sinistrés médiatisés sur les chaînes télé pour un appel à la compassion nationale, et immanquable, les personnes bien qui ne manquent pas l’occasion pour se singulariser en faisant des dons humanitaires
Même film, même scénario annuel.
Vu le caractère périodique du fait atmosphérique, on pourrait prôner, dans la gestion de ce genre de phénomène, une meilleure régie du prévisionnel; face à ces misses assassines et autres mochetés aériennes récidivistes.
WE MISS WITNEY HOUSTON. On ne la verra pas vieillie. Comme ce type de personnalités et personnages charismatiques qui entrent dans la postérité avec le visage figé dans une sorte de jeunesse immuable et immortelle. Ces images d’eux qu’ils laisseront sur le papier glacé des magazines, les rectangles lumineux à leurs effigies en format j.peg sur les écrans électroniques, sur les lignes les plus poétiques de nos mémoires. J.J Rabearivelo, Jim Morrison, Marylin Monroe, JFK, Bob Marley, Dalida, Charles Gainsbourg, Elvis Presley, Michael Jackson
et maintenant, Witney Houston.
Ils resteront dans les imageries esthétiques collectives par leur nom, leur visage, l’histoire plus ou moins surfaite de ce qu’ils ont été. Ces photos, ces images vidéos, ces concepts, textes, mélodies qu’ils ont créés pour nous, pour s’affirmer, pour se dire.
Whitney Houston s’éteint à l’âge de quarante huit ans. Dans le cadre intime de son environnement direct, les proches de la chanteuse entretiennent vaillamment l’aura de mystère qui nimbe sa disparition. Les funérailles de la diva, célébrées dans l'intimité, ont débuté dans l'église baptiste New Hope où elle chantait enfant.
Personnellement, je ne suis pas un immense fan de Whitney Houston. À l’annonce de son décès, j’ai vu des personnes, celles surtout appartenant à la même génération que moi, fondre en larmes. Durant le week end après le décès et au-delà, auront été passés en boucle et chanté dans divers karaoke des Didn’t we almost have it all, The greatest love of all et autres Saving all my love
des hommages sincères de gens de cette génération des années 80’s et 90’s.
Pas un grand fan, j’ai dit mais pour moi, une admiration illimitée pour l’immensité du talent de Whitney Houston, pour sa discrétion dans le microcosme média et star system, et above all, son authenticité ; and we « will always love you ».
MISS MIHAINO . Celle-là, pas la plus belle, la plus talentueuse, ni la plus meurtrière mais parmi la scène locale, une des plus populaires. « Misy mihaino » à tout va, à tout bout de champ, de rue, de couloir administratif
peut se traduire par « quelqu’un m’écoute ». Cri de personnes dépitées et énervées finalement qu’on n’écoute pas dans une conversation ou, par jeu phatique et extrapolation sémique – casse-tête de sociolinguistique-, signifie aussi « cause toujours, tu m’intéresses ».
Dans les locutions populaires consacrées, on a eu droit au « odoy e », à l’acception développée par le mythique groupe Ny Nanahary dans la chanson éponyme. On a eu droit aussi à la vie « mora mora », on a parlé du pays du « mora mora », le doux farniente culturel local, par extension, le laxisme
l’expression a même fait la fortune de designers de teeshirts touristiques.
Aujourd’hui, « misy mihaino », coquetterie langagière à caractère moqueur et ironique exprime la sourde oreille indifférente ou insolente. Les parents ou la maîtresse d’école crient, les enfants qui marmonnent entre leurs dents « misy mihaino » ; les automobilistes qui crient après anarchiques marchands ambulants et taxis be, idem ; les mères de famille qui crient sur le coût de la vie, ibid. ;

Parmi celles qu’on a citées, la seule miss écoutée, finalement, c’est la chanteuse de I’m every woman.

andrian ndzack
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