Nomination de PDS
Clash au sein du gouvernement
Florent Rakotoarisoa ne mâche pas ses mots pour dénoncer les agissements de Ruffine Tsiranana (Photo Claude Rakotobe)
Les Délégations spéciales dans le district d’Antsohihy opposent le ministère de Décentralisation à celui de l'Intérieur.
Florent Rakotoarisoa est monté au créneau en apprenant qu'il aurait été trahi par sa collègue ministre de la Décentralisation, Ruffine Tsiranana. Il n'a pas mâché ses mots pour s'opposer à l'installation des Délégations spéciales à la tête des quatre communes dans le district d'Antsohihy par cette dernière, hier. Même indirectes, ses attaques sont aussi adressées au Premier ministre, Jean Omer Beriziky, qui a signé l'Arrêté de nomination de ces nouveaux responsables. Alors que, toujours selon ce ministre de l'Intérieur, le chef du gouvernement n'est pas habilité à prendre un tel acte.
Descente sur terrain
Entouré de son directeur de cabinet, Thierry Rakotonarivo, et du secrétaire général du ministère, Célestin Rasolomaholy Rakotozafy, Florent Rakotoarisoa a qualifié de coup d'État l'agissement de Ruffine Tsiranana.
« La ministre de la Décentralisation a usurpé le pouvoir du ministre de l'Intérieur. Elle se serait engagée dans une forte surenchère où elle a trompé le Premier ministre pour arriver à ce stade. On a pris un arrêté sans se conformer à l'Ordonnance attribuant le pouvoir de nomination d'une délégation spéciale au ministère de l'Intérieur », a-t-il expliqué, hier, lors d'une rencontre avec la presse dans la salle de conférence de l'immeuble Patte d'éléphant, à Anosy.
Florent Rakotoarisoa a estimé flagrant le fait qu'une réunion avec le staff technique de la ministre de la Décentralisation s'est tenue, mercredi, sur la question. Il a été souligné à cette occasion que le pouvoir de signature de la nomination des Délégations spéciales revenaient au ministère de l'Intérieur et que celui de la Décentralisation devrait être tenu au courant de la démarche afin qu'il puisse faire des propositions. Mais l'une des parties n'a pas respecté l'accord, le lendemain même.
« Je vais me rendre sur place pour rétablir la situation. Puisque le Premier ministre agit avec sagesse, je pense qu'il n'aura aucun complexe pour revenir sur la décision », a-t-il réagi. Et d'ajouter qu'un ordre a
été envoyé aux maires « destitués » afin qu'ils ne procèdent pas à la passation de service.
La prise d'un arrêté de nomination d'un conseiller d'ambassade auprès de l'ambassade de Madagascar à Paris, par le Premier ministre, le 15 novembre 2011, est assimilable à la présente démarche d'institution des Délégations spéciales au sein des communes. Ces attributions sont respectivement révolues au ministère des Affaires étrangères et à celui de l'Intérieur.
Fano Rakotondrazaka
Vendredi 17 fevrier 2012