Lovatiana Erica Rakotobe
« J'ai dû les supplier afin qu'ils valorisent leur talent »
(Photo Mamy Mael)
L'enseignant de danse et premier responsable à la Compagnie Lovatiana indique les raisons pour lesquelles il a décidé de se consacrer à l'enseignement de la danse aux personnes non-voyantes.
Qu'est-ce qui vous a poussé à choisir comme métier l'enseignement de la danse aux personnes non-voyantes ?
En 2006 j'ai eu l'occasion de fréquenter des personnes non-voyantes. J'ai eu, par ailleurs, l'occasion de lire un livre qui raconte l’histoire d'une personne aveugle. Ces faits ont favorisé en moi la compassion pour ces personnes. Ainsi j'ai pris l'initiative de les supplier d’apprendre à danser afin de valoriser leur talent.
Quel est donc votre objectif ?
Je suis professionnel en matière de danse, et cela depuis 1996. À un certain moment, je me suis demandé, pourquoi la danse était destinée seulement aux personnes dites « normales », alors qu'à mon avis, les personnes handicapées mais qui ont du talent peuvent aussi s'y mettre. Fort de cette conviction et avec tout ce que je possède, je me suis lancé dans l'enseignement qui consiste à faire valoir les talents de ces personnes handicapées. C'est justement mon objectif. De plus, il est aussi dans mon objectif de donner aux non-voyants la possibilité de s'exprimer à travers les activités pratiquées lors d'une danse car toute personne a droit à l'expression à l'aide du moyen qui est à leur disposition.
Outre la danse, avez-vous d'autres matières dispensées aux non-voyants
Oui, nous en avons aussi d'autres. Par exemple, les non-voyants et membres de la Compagnie Lovatiana apprennent également à jouer des instruments de musique. Qui servent par la suite à donner plus de consistance à la chorégraphie que nous produisons sur scène.
Est-ce que l'enseignement dispensé par la Compagnie Lovatiana concerne uniquement les personnes handicapées ?
Tout le monde, non-voyants ou normal, peut suivre les cours de danse à la Compagnie Lovatiana. Il n'y a pas d'exception ni de condition particulière. Le mieux pour ceux qui s'y intéressent, c'est de venir à Mandrisoa, là où est installée la compagnie.
Recueillis par
Volana Rakotoharimanana
Vendredi 17 fevrier 2012