Danse contemporaine
Focus
Somoh Nacelle Larissa (Photo Mamy Mael)
Somoh Nacelle Larissa, 23 ans, une danseuse mal-voyante
« Savoir que les yeux du public sont braqués sur moi m'a rendu anxieuse »
C'était en 2010 que je me suis lancée dans la pratique de la danse contemporaine à la Compagnie Lovatiana. Au début, je ne savais pas ce qu’était une danse contemporaine. Mais j'ai décidé de la faire car quelqu'un de ma famille me l'a recommandée. L'enseignement m'a beaucoup plu parce qu'il m'a permis d'être à mon aise. Quant à la présentation, elle me rend anxieuse lors que je sens que les yeux du public sont braqués sur moi. Au début, on a peur et on se demande toujours si le spectacle sera une réussite ou non. Mais à mesure que la présentation sur scène avance, je me sens de plus en plus à l’aise.
Rajaonisoa Haritiana Vahatriniaina, un jeune mal-voyant, danseur à la « Compagnie Lovatiana »
« Une raison particulière m'a poussé à aimer la danse contemporaine »
Apprendre les différentes sortes de chorégraphie en vogue chez les jeunes de notre temps ne m'intéresse pas. En fait, je n'aime pas toute forme de vedettariat. En outre, par opposition aux autres genres de danse qui, en général, consistent à répéter ce qu'on a vu, la danse contemporaine permet de vivre une histoire véhiculée à travers un thème bien défini et traduit à l'aide de la chorégraphie. Elle suscite aussi la participation de l'assistance. C'est justement la raison pour laquelle cette danse m'intéresse particulièrement.
Anarimananjara Manou Tafita Patrick, 26 ans, un danseur aveugle
« J'ai réalisé mon rêve de devenir danseur »
J'habite dans le quartier de Betongolo. J'ai choisi de valoriser mon talent dans le domaine de la danse moderne. Devenir danseur était, pour moi, un rêve d'enfance. Ce rêve, je l'ai concrétisé actuellement. De plus, j'aimerais encore aller plus loin dans ce sens pour devenir un jour un professionnel. Mais cela dépendra de mon emploi du temps. L'important pour moi, c'est aussi la communication qui se crée à l'aide de la pratique de ce talent que le Seigneur m'a donné. Danser, c'est tellement fascinant. En tant qu'être humain, je ressens de la peur quand je monte sur scène. Toutefois, j'ai fait tout mon possible pour ne pas nuire à la chorégraphie que nous avons présentée.
Andriamalala Rinah, 22 ans, mal-voyant, a le talent de danseur.
« Danser avec les genres de musique du temps présent ne m'intéresse pas beaucoup »
Au début, c'est la musique qui m'intéressait beaucoup mais non la danse. Mais plus tard, lorsque j'ai participé à un atelier sur la danse moderne, je me suis rendu compte que ce genre d'activité me plait beaucoup. Elle permet de vivre une histoire inventée à l'aide d'une chorégraphie. Elle permet aussi de réfléchir sur un sujet concernant la vie quotidienne. La danse contemporaine nous aide enfin à communiquer. C'est la raison pour laquelle danser avec les genres de musique du temps présent, à l'instar du « hip-hop » ne m'intéresse pas beaucoup. C'est la première fois que je participe à la présentation sur scène d'une chorégraphie. Et je crois que je n'ai pas eu beaucoup de problèmes. La preuve est que notre présentation a été accueillie par des acclamations du public. Cette première présentation sur scène m'a donné l'occasion d'aller de l'avant dans l'apprentissage et la pratique de la danse moderne.
Volana Rakotoharimanana
Vendredi 17 fevrier 2012