MEDIATION
Le retour du FFKM en question
Le FFKM n’a pas encore pris de décision définitive face aux diverses sollicitations à la résolution de la crise. Mais il fait déjà l’objet d’une attaque des partisans de Andry Rajoelina.
Quel rôle jouer durant la transition. Le Conseil œcuménique des églises
chrétiennes (FFKM) joue la carte de la prudence au moment où son éventuel rôle durant la transition est discuté, voire contesté.
« Le FFKM a accepté de prendre part à la résolution de la crise à Madagascar », a indiqué Mamy Rakotoarivelo, président du Congrès, en marge de l’ouverture de la troisième session parlementaire, hier à Tsimbazaza. Le chef de délégation de la mouvance Ravalomanana laisse entendre que la forme de cette participation n’est pas encore définie. « Il (le FFKM) va encore réfléchir », poursuit-il.
Mamy Rakotoarivelo fait part de la rencontre entre les quatre chefs d’Église et les trois chefs d’institution lundi à Isoraka. Le président de la Chambre basse, avec Dolin Rasolosoa et Omer Beriziky, respectivement président du Conseil supérieur de la transition (CST) et Premier ministre, ont eu rendez-vous avec le docteur Endor Modeste Rakoto, président tournant du FFKM, Mgr Odon Razanakolona, archevêque d’Antananarivo, pasteur Lala Rasendrahasina , de la FJKM, et Mgr Samoela Jaona Ranarivelo de l’Église anglicane.
Cadre de mise en œuvre
Aucune décision n’a été prise à l’issue de la rencontre. Selon certaines indiscrétions, l’idée d’un nouveau rendez-vous est évoquée entre les deux parties, mais aucun calendrier n’a encore été fixé pour cela.
Des sources au courant du dossier indiquent des sollicitations différentes des chefs d’institution auprès des chefs d’Église. Dolin Rasolosoa dévoile sa suggestion d’un conclave avec les différents responsables de la transition, sous la médiation du FFKM en marge de l’ouverture de la session au CST. Il a évoqué la nécessité de discuter ensemble du cadre de mise en œuvre de la Feuille de route et du calendrier d’exécution de celle-ci. Le Premier ministre aurait demandé aux chefs d’Église de jouer un rôle dans la mise en place des membres de la Commission électorale nationale indépendante pour la transition (CÉNIT) pour assurer l’indépendance de cette institution.
De son côté, Mamy Rakotoarivelo aurait, entre autres, évoqué le règlement du retour de l’ancien président Marc Ravalomanana comme étant l’une des clés de la résolution de la crise. Il ne l’a pas confirmé en public, hier à Tsimbazaza. Par contre, il insiste sur la nécessité d’un « dialogue malgacho-malgache, en parallèle et sans compromettre le processus de la Troïka, organe de coopération de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) ». Mais pour l’instant, le FFKM se montre encore discret et évite de faire une déclaration sur la sollicitation dont il fait l’objet.
Dans une certaine mesure, l’attitude des chefs d’Église est compréhensible, dans la mesure où ils commencent déjà à faire l’objet d’une attaque au sein de la classe politique. « Le FFKM ne doit pas encore faire son retour sur la scène politique, dans la mesure où cela pourrait affaiblir sa cohésion », fustige Jean Lahiniriko, président de l’Union des démocrates et des républicains pour le changement (UDR-C), plateforme de soutien à Andry Rajoelina, président de la transition. Il laisse entendre l’expérience de la confédération des Églises lors de sa médiation en 2009 et les conséquences de celle-ci.
Le membre du CST tente en même temps de tuer dans l’œuf la proposition de son président à Anosy pour la tenue d’un conclave. « Le bureau de liaison sera bientôt opérationnel. C’est lui qui devrait trancher sur les questions litigieuses »,soutient Jean Lahiniriko. « Son absence avait laissé planer un flou sur la mise en œuvre de la Feuille de route, mais ce ne sera plus le cas », ajoute-t-il.
Iloniaina Alain
Jeudi 16 fevrier 2012