La Réunion
Deux cas de lèpre en 2011
La lèpre n’est pas encore éradiquée de La Réunion. Toutefois, l’OMS ne considère pas encore cette maladie comme endémique, dans cette île.
La cellule interrégionale d’épidémiologie (Cire) océan Indien vient de publier un point épidémiologique faisant état de la situation de la lèpre à la Réunion. Beaucoup croient encore que cette maladie infectieuse chronique est éradiquée de cette île, mais il n’en est rien, même s’il est loin le temps où la léproserie de Saint-Bernard tournait à plein régime. En 2011, deux cas de lèpre ont été déclarés sur l’île (trois cas en 2010 et 2009, cinq cas en 2008, deux en 2007, un en 2006 et quatre en 2005). En moyenne sur ces dix dernières années, trois cas de lèpre ont donc été signalés aux autorités sanitaires. « L’incidence moyenne annuelle était de 3,5 cas pour 10 millions d’habitants, ce qui est largement en dessous du seuil fixé par l’OMS pour considérer la maladie comme endémique (>1/10 000) », rappelle la Cire. Ces cas ont concerné en grande majorité des hommes, dont la moyenne d’âge se situe autour de 54 ans (entre 8 et 77 ans), et développant une forme multibacillaire (plus de
5 plaques ou lésions sur la peau). « Plus de la moitié des patients présentaient une incapacité des mains, des pieds ou des yeux », souligne la Cire.
Bacille de Hansen
La lèpre se caractérise par une atteinte de la peau, des muqueuses ainsi que des nerfs et aboutit à des déformations et à des mutilations. Elle est due au développement du bacille de Hansen qui pénètre sans doute par la peau ou la muqueuse, recouvrant l’intérieur des fosses nasales, puis se propage le long des nerfs périphériques.
Parmi les 20 derniers patients qui ont contracté la lèpre, la moitié a résidé dans des zones où la pathologie est présente (Comores, Mayotte et Madagascar). Rappelons que l’incubation de la lèpre est généralement longue (de 2 à 10 ans) mais des durées plus courtes
(6 mois) ou plus longues (jusqu’à 20 ans) ont été rapportées. La moitié des malades restent natifs de la Réunion et n’ont jamais quitté le territoire. « La survenue de ces cas confirme la présence d’une transmission autochtone de la maladie sur l’île », conclut la Cire. Par ailleurs, six d’entre eux résidaient dans un même quartier du sud de l’île, suggérant la présence d’un foyer de transmission.
JIR
Jeudi 16 fevrier 2012