Cyclone Giovanna
Atsinanana lourdement sinistrée
Les cocotiers le long de l'avenue de l'Indépendance désertée, à Toamasina, ont les feuilles complètement effilochées (Photo Joël Valencio)
Les premiers bilans recueillis par les autorités régionales laissent apparaître d'importants dégâts matériels. Pour le moment, cinq morts sont enregistrés à Brickaville.
Brickaville a le plus pâti, parmi les localités de la région Atsinanana, avec l'entrée en terre ferme et le passage du cyclone Giovanna, dans la nuit du lundi à mardi. Le centre-ville est détruit à 90%. Cinq personnes ont trouvé la mort dans l'écroulement de leur maison. On dénombre 652 familles sinistrées, dont 285 ont perdu leurs habitations tandis que les 367 autres ont vu les leurs sans toitures.
Ambila Lemaitso et Andovoranto, des stations balnéaires réputées, et Mahatsara, connue pour sa production fruitière dont les oranges, sont détruites jusqu'à 100%.
À sa descente d'avion, hier, après avoir assisté à une réunion urgente dans la capitale, le chef de la région Atsinanana, Alain Mahavimbina, a aussi déclaré que les dégâts dans la ville de Vatomandry sont estimés à 70% d'infrastructures et habitations détruites. Parmi celles-ci figurent des édifices publics, des écoles et la caserne de la gendarmerie.
Il y a 6 255 sinistrés à Vatomandry, dont 2 521 ont leurs maisons détruites,
2 644 ont les toitures partielles envolées, et 846 n'ont que le ciel pour toit.
Pour le moment, on ignore l'étendue des dégâts à Mahanoro et à Marolambo, sauf que la montée des eaux a obligé les riverains du canal des Pangalanes à quitter leurs habitations.
Rupture de stock
D'une manière générale, le passage de Giovanna dans la ville de Toamasina se caractérise par des arbres abattus, l'inondation des bas- quartiers, et la coupure de l'électricité.
Peu de sinistrés ont rejoint les lieux qui leur ont été dédiés, à savoir les écoles
et le gymnase couvert Soavita. Une trentaine de personnes se sont abritées dans ce local, mais elles sont rentrées
chez elles dès le mardi 14 février matin. Vingt sinistrés ont rejoint l'EPP Canada, lundi soir et mardi matin, dont quatre pour cause d'habitations détruites et le reste pour fuir la montée de la mer.
De nombreux éboulements sont constatés le long de l'axe routier RN2. L'entreprise Colas, le projet Ambatovy, et le ministère des Travaux publics collaborent pour dégager la voie. Des groupes de dix militaires s'attèlent dans l'enlèvement des troncs d'arbres en travers de la route. Tous ces travaux ont débuté dès mardi après-midi.
Par ailleurs, les carburants ont été introuvables à Toamasina, mardi matin.
« Nous avons dû vérifier qu'il n'y a aucun risque de court-circuit susceptible de générer un incendie ou une explosion avant de ravitailler les stations-services en carburants », a expliqué un responsable de Galana Manangareza.
L'approvisionnement en essence et en gasoil a repris en fin d'après-midi du mardi, mais seule la station Jovenna Jacaranda a pu être ravitaillée. Les autres stations-services sont approvisionnées, depuis hier.
Joël Valencio
Jeudi 16 fevrier 2012