Ankadikely Ilafy
La sortie de l’Imamba ensable les rizières
La digue d’Ilafy est rompue sur 80 mètres (Photo : HERY RAKOTONDRAZAKA)
Le cyclone tropical Giovanna a laissé une grande plaie dans la commune d'Ankadikely Ilafy. La rivière Imamba après la rupture de sa digue de protection dans le fokontany d'Ambohipanja a libéré plusieurs tonnes de sable et des blocs de tourbe. La scène ressemble à celle d'une plage parsemée de blocs de roche volcanique.
« La digue a commencé à se rompre après une forte pression d'eau vers 10 heures du matin mardi. Une forte explosion avait suivi la petite ouverture de la digue. La longueur de cette digue emportée par l'eau est estimée à 80 mètres », a décrit Sahondra Andriamanehosoa, habitante du fokontany d'Ambohipanja, hier. Mais la rivière Imamba n'a pas livré que des blocs de tourbe et de sable enfouis dans son lit, ainsi que dans les rizières en amont. « Des meubles, des tôles, des bois ronds et des planches se sont éparpillés sur les champs de rizières », ajoute Frédéric Rafidimanantsoa, un habitant d'Ambohipanja.
Rizières inondées
La superficie des rizières détruites par l'eau et le sable est ainsi estimée à une centaine d'hectare. « La plaine de Laniera, regroupant Ankadikely Ilafy, Sabotsy Namehana et Antehiroka avoisine les 270 ha. La majorité des rizières sur cette plaine a été inondée », enchaîne Rivo Ravelonirina, un sexagénaire d'Ambohipanja.
Les habitats ne sont également pas épargnés par Giovanna, car un millier de personnes se sont réfugiées dans des écoles. « Actuellement, nous avons recensé 1 419 sinistrés. Les fokontany les plus touchés sont Belanitra, Ambohipanja, Ankadikely, Masinandriana et Mandrosoa sur les 12 fokontany existants», rapporte un responsable de la commune d'Ankadikely Ilafy.
Face à ces dégâts, la présidence a dépêché, hier, sa conseillère spéciale, en charge des Affaires sociales, Michèle Ratsivalaka. « La présidence a fait don de balles de friperie, des sacs de riz, du savon, du lait et des bougies », a détaillé Faratiana Rasoamanana, sinitrée dans le fokontany d'Ankadikely. Le bureau national de gestion des risques et de catastrophes a offert également du riz, des légumes secs et des moustiquaires. Mais la priorité pour les paysans réside actuellement dans la protection des rizières. « Si aucune action n'est menée pour sauver les restes de rizières non ensablées, nous risquons la famine », s'inquiète Hervé Rampamonjy, paysan à Belanitra.
Vonjy Radasimalala
Jeudi 16 fevrier 2012