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Jirama
Black out à Antananarivo
Les agents de la Jirama à l’œuvre, tôt hier (Photo : Hery Rakotondrazaka)
Des poteaux électriques sont tombés à la suite du passage de Giovanna. La Jirama est sans nouvelle de la centrale hydroélectrique d'Andekaleka depuis lundi soir.
Les standards des radios privées qui reçoivent des appels en direct de leurs auditeurs ont littéralement explosé dès hier matin. La majorité des intervenants signalent des coupures de courant un peu partout dans la Capitale et les villes périphériques. Ambohimanarina, Ampitatafika, Mahitsy, Ambondrona, Avaradoha, Nanisana, 67 hectares, Tanjombato, au moins la moitié de la ville d'Antananarivo a été touchée. Jamais, même durant les périodes les plus noires du délestage, la Jirama n'a été autant sollicitée. Au fur et à mesure que la nuit approche, les appels se faisaient de plus en plus pressants pour que le courant soit rétabli. Les gens se faisaient surtout du souci pour la possible recrudescence des actes de banditisme avec la tombée de la nuit.
« Nous sommes dans le noir depuis deux heures du matin. Je fais appel à la Jirama pour qu'elle fasse le maximum pour remettre l’électricité. Je crains fort que les bandits ne profitent de la situation pour opérer », lance Vonjisoa, un habitant d'Ambavahaditokana Itaosy.
Le cyclone semble s'être complètement acharné sur le réseau électrique de la Jirama. Avec l'ampleur des dégâts, la Jirama a été complètement dépassée par la situation. Les lignes vertes mises en place pour signaler les incidents urgents sont quasi inaccessibles. Plusieurs poteaux électriques, souvent transportant des lignes à haute tension, tombés à terre ou menaçant d'écraser des maisons n'ont toujours pas été enlevés en début de soirée. Les équipes de dépannage sont encore invisibles dans les quartiers sinistrés notamment en périphérique, provoquant l’exaspération et la colère des habitants.
Du côté de la Jirama, les responsables évoquent la priorisation des travaux de rétablissements de courant pour les zones sensibles comme les hôpitaux ou les quartiers où sont implantés les médias. Ils reconnaissent également que le nombre élevé des interventions nécessaires complique la situation. Sur l'axe Ivato, par exemple, 15 poteaux au total doivent être remplacés, « une opération impossible à terminer avant demain », souligne Albert Ravelojaona, directeur général adjoint électricité de la Jirama. « Il faut également vérifier méticuleusement l'état des réseaux avant de rétablir le courant afin d'éviter d’éventuels accidents », précise Feno Randrianarison, responsable de la communication.
Difficile pour l'instant de prévenir le retour à la normale de l'électricité dans tout Antananarivo. Prudent, la Jirama préfère affirmer simplement « faire le maximum pour résoudre les problèmes dans les plus brefs délais ». « Les équipes techniques sont déjà à pied d’œuvre pour faire le maximum. Nous disposons également des moyens nécessaires ». En début de soirée, la lumière est déjà revenue dans certains quartiers comme Anjanahary, Ambohibao ou bien Ampan­drana. Cependant, d'autres quartiers, notamment ceux qui sont en périphérique comme Itaosy, Ampitatafika jusque dans la région de l'Itasy devront encore vivre dans le noir au moins cette nuit.
Gros dégâts
Concernant les infrastructures de production, la centrale hydroélectrique d'Ande­­ka­leka qui se trouve dans la zone frappée de plein fouet par Giovanna, a été touchée et a cessé de fonctionner. La Jirama affirme avoir perdu le contact avec l'équipe présente sur place faute de réseau téléphonique. Difficile donc pour l'instant d'évaluer les dégâts et la reprise de la production de la plus grande centrale hydroélectrique du pays. Celles de Mandraka et d'Antelomita ainsi que les centrales thermiques fonctionnent normalement mais cette perte peut perturber l'approvisionnement en électricité du réseau interconnecté d'Antanananarivo.
La Jirama a établi une situation mais encore incomplète des dégâts qui ont frappé ses installations à Antana­narivo et dans les régions
touchées par le cyclone. L’appro­visionnement en électricité est encore fortement précaire à Toamasina. 30 poteaux supportant des fils à haute tension et 40 de basse tension sont tombés et devront encore être réparés. À Bricka­ville, l’électricité est encore complètement coupée, et 80% des installations de la Jirama y compris les poteaux électriques sont hors services. Pareil également pour Vato­mandry avec 50% de dégâts contre 30% pour Mahanoro.
Pour Antananarivo, plusieurs dizaines de poteaux haute tension et basse tension sont tombés. Compte tenu de leur nombre élevé, la Jirama ne dispose pas encore de chiffre sur leur effectif exact. En tout cas, des quartiers comme Ambohitri­manjaka et la zone industrielle nord sont toujours privés d’électricité tout comme Ilanivato, Faravohitra, Besarety, Ambo­hipo, Ambatomaro ainsi que de nombreux autres.
Concernant l'approvisionnement en eau, l'arrêt des centrales de surpression a entraîné la baisse de pression et la coupure dans plusieurs villes du pays. La situation est déjà rétablie à Toamasina tandis que les habitants de Vatomandry, Mahanoro, Moramanga, Antsirabe sud, vivent encore sans eau. Pour Antananarivo, la centrale de production de Mandroseza fonctionne normalement mais, encore une fois, l'arrêt des suppresseurs comme Anosizato rend difficile l'acheminement de l'eau jusque dans les ménages.

Mahefa Rakotomalala
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