Diana - Scolarité
L'enfant en conflit avec l'école
La condition de monoparentalité oblige le parent seul à faire de durs travaux (Photo Raheriniaina)
C'est au-delà des classes secondaires que les effets négatifs de la décomposition familiale se font sentir. Cela est à mettre en rapport avec le fait que le diplôme du BEPC n'équivaut plus à une valorisation sociale. L’exigence toujours plus forte de compétitivité accroît l’importance de l’impact du parcours scolaire. La situation sociale du parent élevant seul son enfant dépend de cette réussite scolaire.
Une étude confirme aussi que le divorce n’a pas que des effets à court terme, mais aussi (et peut-être même surtout) des effets à long terme tout au long de la vie de l’enfant, et même lorsqu’il sera adulte.
En plus d’une durée des études réduite, les enfants de familles dissociées quittent le foyer parental plus tôt que ceux dont les parents sont restés unis. La durée des études ayant été écourtée, défavorisant l’insertion professionnelle, il en résulte une certaine instabilité du parcours professionnel, bien entendu subie et non pas voulue.
Certaines personnes avancent que les mesures des effets du divorce sur la scolarité ne montrent qu’un impact comparativement faible chez les familles à couple stable. Mais une autre cause relativise cette conclusion.
Défiance
Les familles monoparentales ont généralement moins d’enfants que les familles à couple stable, et on sait que la durée de la scolarité est d’autant plus brève que la famille a de nombreux enfants à charge. Comme les familles monoparentales ont moins d’enfants, l’effet négatif de la monoparentalité est atténué par le faible nombre d’enfants.
Par contre, à nombres d’enfants égaux, on peut s’attendre à ce que le désavantage de la famille monoparentale sur la scolarité de l’enfant soit plus flagrant. Mais dans certains cas, une majorité de femmes sont peu ou pas diplômées et l’illettrisme est fréquent. Celles qui ont elles-mêmes subi un échec à l’école ne sont pas en mesure d’aider leurs enfants dans un parcours scolaire qu’elles appréhendent parfois avec amertume et défiance.
Le regard des autres
A l’issue d’une exposition-photo de Christian Barbe, un Français passionné de photographie de passage dans la capitale du Nord, l’année dernière, sur le thème de la monoparentalité, les femmes antsiranaises élevant seules leurs enfants ne ressentent plus le regard méprisant de leurs entourages.
Elles sont courageuses et semblent assumer leur statut, d’autant plus qu’elles ont une activité professionnelle.
« Les hommes malgaches s’amusent habituellement à faire souffrir les femmes. Ils abandonnent le foyer et ne l'aident pas financièrement. Il vaut mieux que je reste toute seule », a déclaré D., 52 ans, une dame faisant partie du personnel administratif de l’Université d'Antsiranana et vivant seule depuis 10 ans.
D'une manière générale, elles adorent les enfants quoique quelques-unes pratiquent l’avortement.
Même si la monoparentalité devient un phénomène de société courant, les femmes du Nord retrouvent une revalorisation sociale par le travail qui leur procure une autonomie financière. « L’importance du regard des autres est amoindrie quand on parvient à subvenir aux besoins matériels de ses enfants », ont témoigné des femmes que Christian Barbe a photographiées.
Raheriniaina
Mardi 14 fevrier 2012