Envoyer à un ami
Mon adresse e-mail :
Adresse email incorrect
Mon prénom et mon nom :
Remplir votre nom et prénom
L'adresse e-mail de mon ami(e) :
Adresse email incorrect
Commentaire pour mon ami(e) :
Mail envoyé avec succès.
Diana
Le drame de la monoparentalité
Les femmes se débrouillent avec ou sans l'aide matérielle de leurs époux pour subvenir aux besoins de la famille (Photo Raheriniaina)
L’instinct grégaire poussant des adolescents à rejoindre des associations
de malfaiteurs n’est pas le fruit du hasard. Le cas des 28 jeunes délinquants arrêtés récemment par la gendarmerie est assez éloquent. Seul un d’entre eux habite avec ses parents, le reste vit dans un milieu monoparental. Outre le trafic et la consommation de stupéfiants, particulièrement le cannabis, la délinquance juvénile est aussi considérée comme une bombe à retardement.
La monoparentalité est l'éducation par une seule personne vivant sans conjoint d'un ou de plusieurs enfants. Dans le nord de l'Île, un enfant sur sept ne vit qu’avec un seul de ses parents, le plus souvent avec la mère dans 80% des cas.
« Depuis 2001, dans le cadre du projet EKA, Ezaka kopia ho an'ny ankizy l'opération acte de naissance pour les enfants, nous avons constaté que 75% des enfants recensés ne possèdent pas de copie d’acte de naissance », affirme Arman Bosco, directeur régional de la Population.
Selon une pratique fortement ancrée dans la région, seul le père a l’autorisation de donner un nom à son enfant. Pourtant, il se peut que celui-ci ait été conçu hors des liens du mariage sans que le géniteur soit identifié ou assume la paternité.
Cela a causé la hausse du nombre des familles monoparentales dans le pays antankarana. Il n’existe pas encore de statistiques fiables, mais le nombre croissant d'enfants parrainés par différentes associations caritatives dans la ville d'Antsiranana pourrait en témoigner.
« Pour faire face à cette situation, nous collaborons avec l’association Cœur et Conscience afin de mettre sur les rails un projet intitulé Père responsable », ajoute le directeur régional de la Population.
La monoparentalité peut être un choix ou subie, suite à un divorce, une séparation, ou au décès d’un des conjoints. Outre le départ du père avant ou après la naissance, le cas d’Antsiranana se distingue par la séparation et le divorce des parents vivant tant en milieu rural qu’en milieu urbain.
De manière générale, le père n’assure plus son rôle. Il a tendance à s’éloigner progressivement de ses enfants. Il les confie à sa famille, sa mère, sa sœur, ou à sa nouvelle épouse.
On assiste alors à l’éclatement de la famille. Malheureusement, cette tradition se traduit par le dicton en patois régional « Ambilà amin’ny dadiny ny tsaiky », c’est-à-dire « Laissez l’enfant aux soins de sa grand-mère », lequel encourage l’irresponsabilité des parents.
En conséquence, les foyers monoparentaux, constitués par un seul adulte et d’au moins deux enfants, sont en majorité tenus par des femmes. Celles-ci sont devenues chefs de ménage par obligation, élevant seules leurs enfants.
Parfois, une prise en charge des petits-enfants par les grands-parents, le plus souvent la grand-mère, s’opère. Il existe même des cas où « Dàdy » (grand-mère) prend en charge toute la famille monoparentale, quel que soit son niveau de vie.
« La location de mes maisons à Ambalavola m’a permis de subvenir aux besoins de mes petits-enfants », révèle une grand-mère.
Précarité
Seulement 5% des hommes sont en situation de monoparentalité à Antsiranana. Leurs cas sont caractérisés par le départ de leurs épouses respectives, lesquelles n’hésitent pas à quitter le foyer conjugal quand elles rencontrent un homme plus riche que leur mari, ou si elles font connaissance d'un « vazaha » (étranger).
Au quotidien, aux femmes des familles monoparentales incombe la majeure partie des tâches du foyer. Elles jonglent entre gestion du quotidien et leur propre vie sentimentale pour assurer l'épanouissement de leurs enfants : le ménage, les courses, la préparation des repas, la surveillance et l'éducation des enfants, etc. Dans cette situation, elles perdent leur état de veuve, de divorcée ou de parent isolé.
Administrativement parlant, elles sont sans profession, dans la mesure où cette notion ne s'applique qu'à une activité rémunérée. Ces femmes-là sont exclues de la population active. Pourtant, au cours des dernières décennies, elles ont obtenu une reconnaissance partielle de leurs activités en tant qu'artisanes, commerçantes, ou personnes exerçant une profession libérale.
En tout cas, le nombre de familles monoparentales ne cesse d’augmenter dans la région et a doublé en seulement quelques années. Elles présentent des risques accrus de pauvreté et de précarité sociale. Donc, les familles monoparentales à Antsiranana tirent la sonnette d’alarme et devraient susciter la plus grande attention des politiques. Titulaires de l'autorité parentale, ces adultes sont les premiers responsables des comportements déviants de leurs enfants, comportements qui se sont révélés difficiles à prévenir ou à réprimer.
Les impacts négatifs de la monoparentalité retiennent l’attention des pouvoirs publics, ces derniers temps. Face à la montée de la délinquance, la famille et l'école sont aujourd'hui pointées du doigt. Aucune ambition de lutter contre ce fléau ne peut, toutefois, aboutir sans un renforcement de ces deux institutions essentielles au développement de la personnalité de l'enfant.

Déviance
L'absence d’un parent, modèle pour l’enfant, entrave son identité et lui enlève ses repères. Un enfant sur quatre ne voit plus son père, ou très rarement.
D’autres ne connaissent même pas pendant toute leur vie leurs pères biologiques. Le manque d’affection nuit à leur personnalité. La plupart des enfants monoparentaux sont mal éduqués, car leurs pères ne prennent même pas en charge les frais de scolarité. Et c’est le début de la délinquance juvénile. Les mutations structurelles de la famille et les discordes parentales expliquent potentiellement ce phénomène.
« Sa mère a encouragé mon fils au vol », se plaint Nazra, père d'un petit Savio, lors d’une enquête menée par la police judiciaire concernant une affaire de maltraitance.



Raheriniaina
Réagissez
L'Express se réserve de publier ou pas vos réactions.
3000 caractères restants
Déjà abonné
Adresse mail:
Mot de passe:
Pas encore inscrit sur le site
s'inscrire ici
  • [ N° 5148 - 13/02/2012 ]
    Mahajanga - La police des mines en service
  • [ N° 5147 - 11/02/2012 ]
    Toamasina - Botozaza chouchoute ses partisans
  • [ N° 5146 - 10/02/2012 ]
    Toamasina - Une commission rogatoire pour le meurtre d’un élève
  • [ N° 5145 - 09/02/2012 ]
    Mahajanga - Trois étudiants déférés au Parquet
  • [ N° 5144 - 08/02/2012 ]
    Toliara - Baisse des vols de bœufs
  • [ N° 5143 - 07/02/2012 ]
    Ilménite - La compagnie Mainland au rattrapage
  • [ N° 5142 - 06/02/2012 ]
    Antsiranana - La ville croule sous les ordures
À voir aussi dans L'Express de Madagascar aujourd'hui
Madagascar perd contre la Pologne
En essuyant une défaite face à la Pologne, Madagascar doit gagner contre le Luxembourg à Antananarivo, pour se maintenir dans le groupe II en 2013.
D’amour et de peinture avec Rfaral
Depuis quelques jours, les artistes plasticiens Rfaral et Hemerson Andrianetrazafy proposent un atelier thématique en leur antre à Mahamasina. L'amour y est décortiqué en plein cœur.
Un cargo de 60 tonnes disparaît
Le voilier, baptisé «Ranolaina» s'est volatilisé en mer, avec ses six membres d'équipage. Il a levé l'ancre à Mahajanga le 16 janvier et faisait cap sur Morombe.
La presse crée un syndicat
Des employés de la presse se sont regroupés en une association syndicale. Son bureau est composé de 12 membres.
Nos autres Titres

Presse
Code de déontologie des publications de L'Express de Madagascar

 

Puisque la liberté de la presse découle de deux droits humains fondamentaux, la liberté d’expression et le droit à l’information, elle nous donne des droits. Droits que nous ne saurons séparer des devoirs et responsabilités inhérents à la profession du journaliste. Le respect des droits d’autrui, les valeurs démocratiques, l’ordre public et le bien-être général sont les seules limites que nous nous imposons. Le code de déontologie du Groupe L’Express de Madagascar que nous présentons aujourd’hui, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, définit les grandes lignes des principes que nous nous efforçons de respecter dans l’exercice de notre métier.

A lire aussi
Pertes et profits du tiers-monde
Un cyclone tropical intense, en approche. La météorologie est une science exacte. Tellement exacte qu'en Occident, les prévisions, matin, midi ...
Les préparatifs d'un voyage en Antsihanaka
Dans son carnet de voyage en date de 1822, James Hastie n'est pas très chaud devant le projet de Radama 1er d'envoyer une expédition armée dans le Menabe. Mais pour le roi, il s'agit surtout d'endurcir ses troupes.

Giovanna, femme fatale
Quelle idée que de frapper à la Saint-Valentin avec des rafales destructrices comme que d'eau. Giovanna comme Katrina et Géralda ...
Newsletter
L'Express en ligne , recevez notre newsletter quotidienne, commentez nos articles
Consultations
LEMURECORDS