Divertissement
Témoignages
Jeannie Voniarilala Andriafenomanana (Photo Mamy Mael)
Jeannie Voniarilala Andriafenomanana alias Ianona, auteur-interprète
« Si je pouvais ne vivre que du théâtre radiophonique, je l'aurai fait »
Ce sont les théâtres radiophoniques de la RNM qui ont réveillé en moi le talent pour l'écriture. Grande fan de ces rendez-vous, j'arrive jusqu'à pleurer quand je rate un des épisodes de ces feuilletons à l'eau de rose. Ma première expérience remonte à Sary Volana, une série diffusée sur la RNM. J'ai juste vu une annonce à laquelle j'ai répondu. C'est le début d'une grande aventure pour moi. De bouche-à-oreille, ma voix a tissé sa toile. Les sollicitations se sont multipliées. Avec la formation que j'ai reçue, sur l'écriture de pièce à des fins de sensibilisation, j'ai pu améliorer mon écriture et affiner mon style. Mais l'écriture est plus qu'un talent pour moi. C'est un moyen d'expression. On peut lire facilement dans mes pièces mes aspirations, mes craintes, mon indignation,... Quand j'interprète, j'ai une grande facilité à glisser dans mon personnage. Je suis sensible à toute forme d'injustice. Cette sensibilité se cache dans des histoires d'amour dans lesquelles je dramatise ou exagère les formes d'injustice. Quant à l'avenir du théâtre radiophonique, je pense qu'il a encore de beaux jours devant lui. Parfois, dans le bus, les gens arrivent à reconnaître ma voix. C'est révélateur sur l'attachement du Malgache au théâtre radiophonique. Je suis convaincue que les auditeurs malgaches sont attachés à ce genre de divertissement. C'est un marché qui a du potentiel. Si je pouvais ne vivre que du théâtre radiophonique, je l'aurai fait.
Christophe Rabearimanana, auteur-interprète
« Jouer avec Solofo José, c'est un rêve qui s'est réalisé »
Depuis ma tendre enfance, j'ai toujours été un grand passionné des théâtres radiophoniques de 13 heures 15, de samedi soir, les contes de mercredi après-midi. En classe de seconde, j'ai écrit mon premier scénario dans lequel j'ai joué tous les personnages. J'ai été vivement félicité pour cette première représentation. Depuis, je suis devenu un dévoreur de romans et nouvelles. Parmi mes préférés figure les oeuvres d'E.D. Andriamalala. Ma première pièce radiophonique, « Mpianadahy fa tsy mpifankatia », a été diffusée à la Radio Voanio à Toamasina. A l'époque, je ne jouais pas encore. Quand j'assistais les séances, j'ai constaté qu'il manque de l'âme et des émotions, donc, j'ai commencé à interpréter. Ma voix a visiblement séduit les auditeurs. Étant membre du Faribolana Sandratra, ma rencontre avec Solofo José a été un des moments inoubliables de ma vie. Je n'ai pas réalisé que j'allais jouer avec lui, qu'il allait jouer dans mes pièces. Sa voix m'a toujours subjugué depuis que j'étais petit. C'est un rêve qui s'est réalisé. Par rapport à mon style, je n'aime pas reprendre les sujets classiques déjà traités. Le roman dramatique m'a toujours séduit et c'est dans ce genre que je souhaite me faire un nom. En ce qui concerne l'avenir du théâtre radiophonique, je suis un peu sceptique. La rélève se fait rare car le métier ne fait pas vivre, vu le prix d'une pièce. Il faut le soutenir si l'on veut que le théâtre radiophonique se perpétue.
Domoina Ratsara
Vendredi 10 fevrier 2012