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Boeny
Quand la communauté se soucie de sa santé
Des agents formés s’occupent d’un enfant ayant besoin de soin au niveau des KMsalama (Photo Michella Raharisoa)
Une chaleur torride et un climat tropical sec, les districts de Marovoay et de Mahajanga II rencontrent des obstacles, quand on parle d'accès aux services sanitaires. La plupart des communes sont éloignées, voire accessible seulement à l'aide des pirogues. Avec l'appui des partenaires techniques et financiers, les districts s'efforcent de s'en sortir, tant bien que mal grâce au projet Santénet2 mis en œuvre par RTI International depuis 2009 et financé par l'USAID sur 800 communes rurales.
Au sein de chaque communauté d'intervention, dans les Kaominina Mendrika salama (KMsalama), située à plus de cinq kilomètres du centre de santé (CSB) existent ce qu'on appelle le site où travaillent deux agents communautaires (AC) parmi les 11 216 existants. Femmes et enfants ayant besoin de soins ou de suivi sanitaire viennent les voir gratuitement, deux fois par semaine. Mais d'autres le font aussi au quotidien, à temps plein. Chaque commune visitée est d'accord sur un point: « une nette amélioration depuis la mise en place du KMsalama ». Les AC sont appréciés par les communautés vu que ce sont les « docteurs » du village.
Tout ce qui est du recrutement des enfants pour la vaccination (et leur référence auprès CSB pour vaccination), du pesage des enfants (suivi du contrôle de croissance), de leurs suivis alimentaires, du planning familial, la prise en charge des cas de fièvres, de pneumonie (Infection respiratoire aigüe), et diarrhée bref, du paquet minimum de soins communautaires. Ils s'en occupent parce qu'ils ont été formés sur cela et continuent à suivre la formation deux fois par an. Bien sûr, ils ont des médicaments et des méthodes de contraception à leur disposition. « Dès qu'il ne reste que la moitié des médicaments, on va au point d'approvisionnement pour en faire une commande », lance Lucie Florentine, AC mère dans le site d'Amboanio, commune rurale de Boanamary.
Privées d'assainissement
Le point d'approvisionnement est fourni de médicaments par PSI Madagascar sauf les génériques qui sont achetés dans les CSB. La responsable de ce point d'approvisionnement dispose d'une armoire fermée à clé pour garder les médicaments. À l'intérieur de sa blouse blanche de médecin, le médecin chef du CSB de Boanamary, le docteur Eulalie Doriane Ravoahanginirina ne cache pas une certaine fierté, malgré les défis auxquels sa commune doit faire face. « Le taux de vaccination est de 71%. Environ 230 femmes font le planning familial », cite-t-elle en étant consciente du long chemin que sa communauté doit effectuer pour combattre le « Jangoana » ou la défécation à l'air libre et le non-accès à l'eau potable. Il n'y a que 34 latrines pour plus de 5 000 habitants. De ce fait, la diarrhée, la bilharziose, les maladies respiratoires enregistrent des taux non négligeables. Toutefois, l'humidité de certaines zones, la croyance religieuse, les traditions locales réfutant les latrines et aussi le problème financier des ménages entravent cet accès à l'assainissement.

Une bonne cohésion sociale
Malgré l'intervention des partenaires techniques et financiers, les communautés aussi ont leur participation dans le bon fonctionnement de leurs sites. Elles effectuent une cotisation par le biais des caisses de solidarité auxquelles chaque membre doit d'Ar 200 à Ar 1 500 selon ce qu'a décidé l'assemblée générale communautaire pour l'aide d'urgence, au cas où une personne nécessite une évacuation à l'hôpital ou au CSB. Donc, le transport si c'est une pirogue ou une charrette et/ou le carburant sont soutirés de cette caisse de solidarité. L’année dernière plusieurs dizaines de femmes et leurs bébés ont pu être sauvés grâce à ce système d’évacuation, qui est aussi une bonne illustration du fihavanana. Nous avons pu constater le cas de Marie Ange et son bébé Bertrand sauvés par ce système. Marie Ange avait déjà eu une grossesse qui s’est terminée par une fausse couche à domicile, quand elle avait 18 ans. Bertrand était sa seconde grossesse, juste à 20 ans. Elle eu un travail prolongé durant l’accouchement. Sa grand-mère a alerté Florentine, l’AC mère de leur village. Ce dernier a constaté les signes de dangers et l’AC a mobilisé la communauté pour évacuer Marie Ange, d’abord au CSB et après l’avis du Médecin, au complexe Mère Enfant d’Androva Mahajanga.. Marie Ange a subi une césarienne qui a sauvé sa vie et celle de son bébé, Bertrand.
Michella Raharisoa
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