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Actualité Madagascar » Culture » Conjoncture
Conjoncture
La musique en plein marasme
Le groupe 'Zay a été le seul à remplir Antsahamanitra en 2011 (Photo Claude Rakotobe)
Le mal du milieu musical se révèle de plus en plus ces dernières années. C'est toute la chaîne qui en souffre.
Le milieu musical sombre dans le marasme. En 2011, le spectacle de 'Zay, organisé par Mi'Ritsoka, a été le seul à remplir Antsahamanitra. Les sorties d'albums se font de plus en plus rares. A part les grands festivals subventionnés à accès gratuit, les opérateurs événementiels peinent à trouver la formule qui marche. Le retrait des sponsors à cause des restrictions budgétaires n'a pas facilité les choses. L'ambiance intimiste des cabarets reste la dernière carte des artistes.
« Le marasme du milieu musical touche aussi la radio. Auparavant, les artistes se ruent pour nous proposer leurs nouveaux titres. Aujourd'hui, il nous arrive même d'appeler les artistes pour demander s'ils n'ont pas de nouveaux titres à diffuser », témoigne Tahiana Rasolojaona, directeur de la Radio des Jeunes.
Cette réalité est la conséquence d'un mal qui a longtemps miné le monde de la musique, un mal nommé piratage. Il est à l'origine du ralentissement des ventes de disques jusqu'à anéantir l'enthousiasme des artistes. Les actions de lutte contre le piratage menées jusqu'ici n'ont toujours pas réussi à dissuader les producteurs d'œuvres piratées.
Décroissement annuel
Au lieu de mettre la créativité au service de l'art, les artistes préfèrent la mettre au service de la publicité. Jerry Marcoss pour Airtel, Bodo pour le savon en poudre Magik et pour Nil Home Center, Princio et Willah pour Formula, Tsiliva pour Ciptadent, Samoëla, Tence Mena et Tsiliva pour THB, deviennent des images familières mais peuvent cacher un malaise.
Dans le milieu de la production, la situation empire. Le taux de remplissage des lieux de spectacles se réduit d'année en année. Du Palais des Sports à Antsahamanitra, en passant par le CCESCA, seules quelques affiches à plusieurs têtes ont réussi à les remplir.
« Au début des années 2000, avec le lancement de Loko Dosol, nous avons programmé environ 10 sorties d'albums accompagnées de spectacles de promotion par an. Ce chiffre a progressivement diminué. En 2011, nous n'avons sorti que trois albums et avons produit deux spectacles de Bodo à Antananarivo et deux autres en provinces », confie une responsable auprès de la maison de production DoSol.


Domoina Ratsara
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